Des voix... Beaucoup de voix.
Des pleurs... Beaucoup de pleurs.
Des cris... Beaucoup de cris.
Je suis dans un monde parallèle.
Je suis dans un monde où Aaron est encore avec moi, où il me tient dans ses bras protecteurs, où il me murmure des mots qui me font chavirer, et l'aimer encore plus.
Je suis dans un monde où il n'y a pas son corps immobile sur le sofa de notre salon.
Je suis dans un monde où mes meilleurs amis ne sont pas à genoux par terre, en larmes.
Non, je suis, dans notre monde, et je ne veux pas en sortir. Je ne veux pas le quitter et retourner dans cet univers où il n'existe plus.
Je veux pouvoir effacer de ma mémoire l'agression. Revenir en arrière en étant plus forte et déterminée.
Je veux...
— Léane ? Reviens s'il te plait.
La voix de Maxine est comme un son étouffé. Comme après avoir écouté de la musique trop forte.
Et non, je ne veux pas revenir. Si je le fais, si j'ouvre les yeux, je quitte Aaron et je le perds définitivement. Laisse-moi naviguer dans mon esprit où lui et moi sommes encore vivants.
Déjà hier, ils ont dû m'injecter un calmant afin que je permette aux secours d'emmener Aaron dans l'ambulance. Je voulais le suivre, mais ils m'ont retenue, parce qu'il fallait qu'ils soignent ma plaie à la tête. Je me suis sentie partir à l'appart, et je me suis retrouvée allongée dans un lit d'hôpital.
— Jolie Léane, aller, qui va m'engueuler quand, je vais faire, ou dire n'importe quoi hein ? sanglote William.
Je sens une main chaude me caresser la joue, un baiser sur mon front.
— Pour lui, tu dois te réveiller belle au bois dormant, murmure la voix de Raph. Il a besoin de toi, de ton amour, de ton soutien. Vous vous êtes promis de ne jamais vous abandonner Léane, alors c'est le moment de le lui prouver.
Les paroles de Raph équivalent à deux électrodes placées sur ma poitrine après un choc du défibrillateur. Mon cœur s'emballe, je peux entendre ses battements.
Mes paupières se soulèvent, et tombent sur trois paires d'yeux qui me scrutent. Des soupirs de soulagement se font entendre, des sanglots étouffés aussi, mais surtout, ce qui me touche au plus profond de mon cœur, se sont leurs sourires teintés d'inquiétude. Maxine est la première à s'approcher du lit, et sans attendre que je me redresse me prend dans ses bras.
— Je ne me suis pas réveillée pour mourir étouffée.
Max me relâche
— Pardon, dit-elle, en se reculant, mais je la retiens par la main.
Je me décale dans le lit une personne en tapant sur la place libre. Max s'allonge en prenant soin de ne pas toucher aux perfusions. Puis c'est au tour de Will de s'approcher, il saisit ma main libre et dépose un baiser sur le dos de ma paume.
— J'ai cru que j'allais devoir t'embrasser pour te faire revenir, jolie Léane.
William joue le clown de service, sauf que sous son air jovial dénote avec la brillance de ses prunelles. Il ne trompe personne. Surtout pas moi. Notre norvégien cache souvent ses émotions sous un masque de gaieté.
— Si tu veux le poing d'Aaron dans ta gueule, vas-y te gêne pas ! le provoque Raph qui est le dernier à s'avancer.
Mon geek dépose ses lèvres sur mon front, je sens qu'il est ému et en colère quand il me fixe intensément et que ses yeux parcourent mes blessures. Il recule en inspirant. Tous les trois envahissent mon lit et je m'aperçois que cela me fait du bien de les sentir là, même s'il manque celui qui m'est essentiel.
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BraCoeur Tome 2(nouvelle version)
RomanceUne année est passée depuis leur installation à New-York. Aaron, William, Naël et Raphaël, ont terminé leurs études. Si les trois premiers intègrent un cabinet réputé de New-York, Raphaël décide de travailler pour une entreprise informatique, metta...
