Chapitre 20-Aaron-Réconciliation

784 80 33
                                        



Je relis le message gravé sur la plaque en cuivre une dernière fois avant de tourner les talons, ma princesse au creux de mes bras.

"Tu as braqué mon âme, mon Ange Léane, à jamais."

Et c'est la vérité.

Léane est mon âme sœur. Je ferai n'importe quoi pour elle, et cette vérité est exacerbée avec ce qu'elle subit depuis des mois. Qu'un psychopathe se balade dans la nature et la menace en la faisant chanter.

Je prends sur moi, mais je n'ai qu'une envie, c'est de frapper dans quelque chose, ou plus précisément sur une personne. J'espère que c'est un mec, parce que jamais je ne cognerai sur une femme. Mais pour l'instant, je ne veux rien lui montrer de ma fureur intérieure. Je ne souhaite qu'une chose, profiter de la suite de la journée en compagnie de mon ange.

Pour le reste, j'irai à la salle me défouler, taper contre un sac ou faire un combat si Patt le patron du club et ancien boxeur professionnel est libre. Il sait comment je fonctionne, et encore plus depuis dix jours. J'en profiterai pour lui demander s'il peut entraîner Léane à la boxe, moi me réservant les cours de combats rapprochés.

— Tu penses à quoi mon braqueur ?

Retour dans un monde bruyant et surpeuplé.

— À tes futurs entraînements, pourquoi ?

Je comprends sa question quand ses yeux se posent sur la bosse qui déforme mon jean.

— Si tu continues à la fixer comme ça, la situation ne va pas s'arranger.

Léane hausse ses sourcils avec un air dubitatif.

— Mais encore ? poursuit-elle alors que nous marchons vers la sortie du parc.

— Je m'octroie le droit de perfectionner ta défense et tes attaques...

— Et donc, si j'essaye de suivre ton raisonnement, tu bandes parce que t'imagines parer une de mes attaques en me mettant au sol... ou au contraire parce que tu fantasmes sur la situation inverse ?

Cette femme me rend fou.

— Les deux pour être précis, toi, moi, dessus, dessous... Peu importe en fait.

— Ouais ! On verra bien qui sera dessus ou dessous...

Ces moments à deux m'ont manqué.

Nous sommes à deux pas de l'hôtel quand Léane marque un temps d'arrêt en fixant son attention de l'autre côté de l'avenue.

— Un problème ? demandé-je en faisant un tour d'horizon.

Comme elle reste muette et imlmobile, je redouble de concentration et c'est là que je vois ce qui l'a interpellé. Garé contre le trottoir opposé où nous sommes, un mec assis sur une grosse cylindrée de marque japonaise a la tête tournée dans notre direction. Rien d'alarmant si ce n'est qu'il a son casque intégral avec la visière relevée. et qu'il tient une casquette exactement comme celle que m'a décrite Léane dans sa main. Alors effectivement des comme elle il en existe des millions d'exemplaires, mais avec mon passé de cambrioleur j'ai appris à me méfier et là, la coïncidence est trop énorme.

Sans plus réfléchir à mes actes, je me détache de Léane et me mets à courir en direction du passage piéton le plus proche, je n'ai pas décidé de mourir aujourd'hui en traversant une avenue new-yorkaise en pleine matinée, tout en suivant du regard le connard qui me nargue. Je suis conscient que je ne vais pas l'atteindre, je suis à pied et lui avec une machine sportive de 1000 cubes, mais si je peux choper au moins le numéro de sa plaque d'immatriculation ce sera ça de gagner.

Le feu passe au rouge j'entends mon prénom hurlé par Léane mais je continue et traverse en courant quand le gars descend sa visière fumée, me lance un doigt d'honneur et démarre en trombe en faisant crisser les pneus sur l'asphalte. Il s'insère en zigzagant dans la circulation et moi je reste planté au milieu sous un concert de klaxons.

— Putain !

Je retourne sur mes pas sans m'excuser auprès des automobilistes et retrouve ma furie de petite amie qui m'attend les bras croisées et le regard noir.

— Mais t'es malade ! crit-elle en tapant ses deux paumes de mains contre ma poitrine. Tu aurais pu te faire renverser ou pire tuer par ce mec.

— Le résultat est le même.

Elle fusille de son regard le plus sombre.

— Connard.

Léane fait demi-tour et me plante là. Je la rattrape en une enjambée, me colle à son dos et murmure au creux de son oreille.

— Je suis désolé mon ange... Je sens Léane se détendre contre mon torse alors je l'oblige à se retourner. J'ai agi sans réfléchir, mais je devais tenter quelque chose et...

— Quoi voir ce que ça fait de passer sous des roues de voitures ? ou se prendre une balle ? Pas la peine de chercher ailleurs je peux m'en charger, fulmine-t-elle.

Je la trouve belle dans sa fureur.

— Et j'ai réussi.

Léane fronce les sourcils avec un air dubitatif sur son visage.

— J'ai eu le temps de relever son numéro d'immatriculation, terminé-je en souriant fier de moi.

— Ne me fais plus jamais ça quand même, Aaron. Je suis sérieuse.

Elle lève les yeux au ciel puis reprend la marche. Je la rattrape encore une fois.

— Hop Pop Hop, pas si vite belle créature.

— Quoi encore ? tu veux me montrer un autre de tes exploits...

— Si tu me le demandes alors... et sans lui donner le choix, je fond sur ses lèvres pulpeuses et charnues.

BraCoeur Tome 2(nouvelle version)Des histoires addictives. Découvrez maintenant