J'ai la tête posée sur mes genoux remontés contre ma poitrine, des bruits de pas me font lever le visage, je n'ai pas besoin de regarder dans leur direction, je le sens avant même de le voir, alors mon regard effleure les alentours, trop flou pour distinguer quoi que soit, mais c'est toujours mieux que de le poser sur celui, intense, j'en suis sûre, de mon traître de petit ami... ou plutôt ex devrais-je dire.
Les sanglots s'invitent à la fête, impossible de les stopper, c'est comme si sentir Aaron faisait remonter toute la tristesse, la colère, les regrets qui m'entourent. Je suis une épave échouée sur un banc qui suffoque de ce qu'elle a perdu.
Mon corps se traite frissonne, mon cerveau m'abandonne un instant, m'emporte vers un ailleurs où il n'y aurait pas de photos, pas de menaces, pas de collègue prête à tout...
Le temps s'arrête un court instant quand nos regards se percutent. Aaron n'est plus qu'à quelques pas. Je le dévisage, idée de merde, car je le trouve plus beau encore dans son mutisme, son inquiététude, ses yeux whisky qui vire au noir. Il porte un jean brut, un pull col en V noir en cachemire et ses boots de couleur identique, sa parka kaki, et pour finir de m'achever, ses cheveux sont en batailles, ses doigts ont du les malmener comme quand il est nerveux et comme j'aime le faire... et à cette constatation un éclair traverse mon esprit et la photo d'une Jessy en petite tenue dans le lit de mon mec me remet les idées à l'endroit. Ça,et aussi la trace du suçon bien visible dans son cou. Elle n'y est pas allée de main morte la salope de service.
La fureur s'impose, gagnant son match contre mon cœur et ma raison, et j'explose sous les regards ébahis de nos amis qui ont rejoint Aaron dans sa course.
— Dégage sale traître.
Aaron se tend sous la virulence de mon ton, crispe sa mâchoire et laisse tomber ses bras le long de son corps qui étaient prêts à m'entourer.
— Léane...
— Non, il n'y a plus de Léane.
— Qu'est-ce que tu racontes...
Je ris jaune.
Quatre paires d'yeux sont braquées dans ma direction certainement se demandant ce qui me prend.
Raphaël est le premier à avancer d'un pas méfiant dans ma direction et vient se placer à mes côtés.
— Qu'est-ce qu'il se passe ? Léane, questionne-t-il d'un ton rassurant, comme la fois précédente dans ma chambre quand il a découvert mon secret.
Je lâche des yeux Aaron et sa jalousie mal placée pour les poser sur mon ami.
— Il se passe, Raph, que votre super pote ici présent, je designe Aaron du doigt est un putain de menteur...
— C'est quoi ce bordel, Léane, s'insurge l'accusé.
Nos amis froncent les sourcils d'incompréhension devant cette scène dramatique du dimanche.
Je secoue la tête d'écoeurement.
— Alors c'est comme ça... tu n'as même pas l'honnêteté et le courage d'assumer... mes pleurs redoublent ce que je tenais à éviter, mais le voir en face de moi, si beau, si sûr de lui, me rendre compte qu'il n'est plus à moi est trop dur pour ma résistance émotionnelle.
Aaron se rapproche, je recule. Cela le blesse, mais il serre sa mâchoire à s'en péter les dents afin de ne pas prononcer un mot qu'il regrettera plus tard.
Je sors mon téléphone de la poche arrière de mon jean, ce geste réanime les cinq mecs qui m'entourent presque. Ceux qui sont au courant se crispent s'attendant certainement à ce que je leur montre un énième message de menace, leur trouble peut se lire sur leur visage, ils se demandent ce que vient foutre Aaron dans mes reproches et dans ma technologie cellulaire. Ils vont être fixés.
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BraCoeur Tome 2(nouvelle version)
RomanceUne année est passée depuis leur installation à New-York. Aaron, William, Naël et Raphaël, ont terminé leurs études. Si les trois premiers intègrent un cabinet réputé de New-York, Raphaël décide de travailler pour une entreprise informatique, metta...
