Chapitre 4-Aaron-Un semblant de plénitude

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Le Olio e Più est le restaurant italien où j'ai réservé une table pour nous deux. Tout rappelle l'Italie. Les deux oliviers qui encadrent la porte d'entrée, les citronniers disposés un peu partout à l'intérieur, et les nombreruses photos en noir et blanc, représentant des paysages de Toscane qui remplissent les murs en briques couleur terre de Sienne.

Nous y venons régulièrement, ils font les meilleures pizzas de tout New-York, et c'est parce que nous sommes des clients réguliers que j'ai pu obtenir une table si rapidement pour ce soir.

— Merci Aaron.

Ce simple mot renferme tellement de possibilités que je préfère me taire.

Léane entrelacent ses doigts aux miens par-dessus la table. Mon regard reste figé sur la bague que je lui ai offerte en gage de fidélité et de promesse éternelle de mon amour. De ma main libre, je joue à la faire tourner sur elle même. Léane suit des yeux mon manège.

— Je ne la quitte jamais...

J'attends le mais.

Le ton nostalgique qu'elle emploie en laissant sa phrase en suspens allume une alarme dans mon crâne.

— J'espère bien, mon ange.

La serveuse arrive pour noter notre commande. Une pizza aux légumes pour Léane et une au saumon pour moi, accompagné d'un vin rouge italien, celui produit dans la propriété familiale du chef en Toscane.

— Léane ?

Le timbre de ma voix est plus grave. Je fonds mon regard dans le sien.

— Oui ?

— J'aimerais que tu te confies à moi sur ce qui te rend morose depuis quelque temps.

Elle recule, désolidarise nos doigts, ce geste me blesse plus qu'il ne le devrait. Je la connais assez pour comprendre qu'elle se retranche dans son mutisme.

— Sur quoi, Aaron ?

— Sur ce que tu veux, ce qui te tracasse, t'éloigne de moi, de nos amis.

Son regard se fait fuyant, et il me semble apercevoir une larme à la frange de ses cils.

Je me penche par-dessus la table et l'oblige à décroiser ses bras en tirant dessus. Je caresse l'intérieur de son poignet de mon pouce en ne la lâchant pas des yeux. Elle se laisse faire, c'est déjà un point de gagné.

— Ce n'est rien Aaron ... j'ai plus de mal à m'adapter à notre nouvelle vie que ce que je croyais. L'an dernier c'était différent... tu étais à la fac avec moi, on vivait sur le même rythme...

Je devine où elle souhaite en venir. Je ne l'interromps pas.

— Depuis la rentrée, c'est comme si un monde nous séparait... moi la petite étudiante, et toi l'avocat prometteur.

— Mon coeur, je...

— Laisse-moi continuer. Mes peurs primaires ressurgissent. Être celle que l'on rejette, que l'on ne reconnaît pas... et puis il y a aussi la panique de ne pas être à la hauteur... à ta hauteur... quand j'ai vu celle avec qui tu collabores... je me sens...

— Je t'arrête de suite Léane. Jess est...

Léane hausse un sourcil, façon de dire : vraiment ? Les surnoms, Aaron.

Et merde ! Tu n'as rien retenu de la leçon de tes potes ce midi ou quoi ?

— Jessy, me reprends-je, elle n'est qu'une collègue du cabinet, rien de plus.

BraCoeur Tome 2(nouvelle version)Des histoires addictives. Découvrez maintenant