Psaume 23:4 - "Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi"
Je marche dans un endroit sans contours. Tout est flou, comme noyé dans une brume blanche qui pulse doucement, au rythme d'une respiration géante. Chaque fois que j'avance, le sol change sous mes pieds : parfois de l'eau, parfois du verre craquant, parfois du vide.
Au loin, une silhouette se dessine.
Hajar.
Ses cheveux flottent comme sous l'eau, sa robe claire s'agite sans vent. Elle sourit, ce sourire immense qui la précédait toujours, comme une étincelle trop vive pour être ignorée.
Je tends la main, mais elle est loin, trop loin. Plus je marche, plus elle s'éloigne. Alors je m'arrête. Et aussitôt, c'est elle qui s'avance, pieds nus, ses pas ne font aucun bruit. À chaque foulée, des plumes sombres tombent du ciel. Elles se changent en éclats lumineux en touchant le sol, comme si la lumière se brisait elle-même.
— Réveille-toi.
Sa voix est douce, fluide, comme une berceuse.
Je fronce les sourcils.
— Me réveiller de quoi ?
Elle ne répond pas. Son rire léger se mêle au bruit d'un souffle lointain. Derrière elle, deux halos apparaissent dans la brume, grands, immobiles. Ils n'avancent pas, mais ils emplissent l'espace comme deux yeux trop lumineux. Je détourne le regard, aveuglée.
Hajar s'approche encore. Elle pose ses mains froides sur mes épaules. Ses doigts tremblent légèrement, comme si elle voulait me secouer mais n'osait pas.
— Réveille-toi, Sady.
Mon cœur s'accélère. Je veux lui demander pourquoi, mais les mots se coincent dans ma gorge. Le sol sous mes pieds se met à vibrer, puis disparaît d'un coup. Je tombe, aspirée dans une obscurité qui avale tout.
Dans ma chute, je croise des éclats de miroir suspendus dans le vide. Dans chacun d'eux, des fragments de souvenirs : un couloir d'école, une nuit froide perlée de flocons de neige, un sourire, un cri étouffé. Tous défilent trop vite pour que je puisse les saisir.
Et toujours, sa voix, qui résonne partout, douce, persistante, inévitable :
— Réveille-toi.
J'ouvre la bouche pour hurler, mais aucun son ne sort. Juste un souffle coupé.
Je tombe encore.
Le vide m'avale, interminable, sans fin. Mais soudain, ma chute s'interrompt. Je me retrouve debout, au milieu d'une salle sans murs, sans plafond, où tout autour de moi se dressent des miroirs immenses.
Je m'avance vers le plus proche.
Mon reflet me fixe. C'est moi... mais quelque chose cloche. Mes yeux semblent étrangers, trop sombres, presque creux. Je recule, mais le miroir se fend d'un coup, une ligne nette, tranchante, qui le parcourt du haut en bas.
Un craquement résonne, métallique. Puis un autre miroir se brise. Et un autre. Bientôt, tous les reflets autour de moi se fissurent un à un, chacun me renvoyant une image déformée de moi-même : un sourire trop large, des larmes qui ne cessent de couler, une bouche entrouverte comme si je criais sans fin.
Le bruit devient insupportable.
Craquements, éclats, éclatements. Le vacarme résonne dans ma tête, résonne en moi. Je plaque mes mains contre mes oreilles, mais ça continue, ça s'intensifie. Mes larmes brouillent ma vue. J'implore que ça s'arrête, que tout s'arrête.
Les miroirs éclatent en une pluie d'éclats. Des milliers de morceaux tombent autour de moi, se heurtent, se brisent encore. Un brouhaha incessant, assourdissant, comme une marée de cris de verre.
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Wounded
RomanceSady Conagan pensait vivre une histoire d'amour comme les autres... jusqu'à ce qu'elle se retrouve piégée entre deux garçons, des sentiments impossibles et des choix qui la déchirent. Mais quand Hajar, une jeune fille liée à son entourage et à l'hom...
