Et nous?

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Le chalet semblait enfin s'être apaisé. Les rires au loin, le feu qui crépitait au rez-de-chaussée, le vent contre les vitres... tout paraissait étrangement calme après le chaos de la forêt.

Davis m'avait entraînée à l'écart, sur le petit balcon couvert derrière le chalet. L'air glacé piquait mes joues encore brûlantes de fatigue.

Il gardait les mains dans les poches depuis plusieurs minutes déjà. Ce détail seul suffisait à me mettre mal à l'aise. Davis parlait toujours avec les mains, avec ses sourires, avec sa présence entière. Mais là... il semblait lutter contre quelque chose.

Contre lui-même, peut-être.

Tu vas continuer encore longtemps ? demanda-t-il finalement.

Je relevai les yeux vers lui.
Continuer quoi ?

Son regard accrocha immédiatement le mien. Et mon cœur eut ce réflexe stupide de s'emballer.

À faire semblant de ne pas comprendre.

Sa voix restait calme, mais je sentais la tension dessous. Une tension inhabituelle chez lui.

Je fronçai les sourcils.
Je comprends pas de quoi tu parles.

Il laissa échapper un petit rire sans joie.
Bien sûr.

Puis il secoua la tête, comme s'il perdait peu à peu patience.

Au jeu des vérités, tu t'es enfuie dès que les choses sont devenues sérieuses. Ensuite tu disparais seule dans une forêt en pleine nuit. Tu te mets en danger et tu crois vraiment que je vais continuer à faire comme si c'était normal ?

Je croisai les bras instinctivement.
Je voulais juste être seule.

Non.

Cette fois, sa réponse fut immédiate.

Tu voulais éviter de répondre.

Mon ventre se noua.

Je détournai aussitôt les yeux. Parce qu'il avait raison. Et je détestais ça.

Davis fit un pas vers moi.
Pourquoi c'est si difficile pour toi de dire ce que tu ressens ?

Son ton n'était plus seulement agacé maintenant. Il y avait autre chose. Quelque chose de plus brut.

De la jalousie.

Je le voyais dans sa manière de serrer la mâchoire chaque fois qu'il prononçait certains mots. Dans sa façon de me regarder comme s'il attendait enfin une réponse claire de ma part.

Comme s'il en avait assez de tourner autour de moi.

Et ça me terrifiait.

Parce que répondre signifiait choisir. Ressentir. Risquer.

Alors je fis ce que je savais faire de mieux : attaquer avant qu'on m'atteigne.

C'est drôle venant de toi.

Il cligna des yeux.
Pardon ?

Je haussai les épaules, faussement détachée malgré ma voix un peu tremblante.
Tu me reproches de fuir mes sentiments alors que toi aussi tu joues à ce jeu-là.

Son regard se durcit légèrement.
De quoi tu parles ?

Eurydice.

Le simple prénom suffit à tendre l'atmosphère.

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