Le feu de camp crépitait doucement, projetant des ombres mouvantes sur nos visages. Le bois craquait comme pour ponctuer chaque silence, et malgré la chaleur des flammes, une atmosphère glaciale s'était installée autour du cercle. Ruben, accroupi comme un démon satisfait de son œuvre, savourait déjà sa victoire : il avait réussi à nous entraîner dans son jeu empoisonné.
— L'honneur au gentleman, déclara-t-il en désignant Davis d'un geste théâtral. Vas-y mon pote, ouvre le bal.
Davis leva les yeux au ciel, un demi-sourire au coin des lèvres. Mais ses doigts nerveux qui tripotaient un chamallow carbonisé trahissaient son hésitation. Quand son regard se posa sur Sony, je sentis mon cœur se serrer.
— Très bien, dit-il finalement. J'ai une question.
Ses yeux clairs, soudain sérieux, ne quittèrent plus la silhouette sombre assise en face de lui.
— Sony... c'est quand la dernière fois que t'as vraiment ressenti quelque chose pour quelqu'un ?
Un silence brutal tomba, si lourd que même Ruben se tut. Les flammes dansaient sur le visage fermé de Sony, accentuant ses traits froids. Ses doigts jouaient machinalement avec un caillou qu'il faisait tourner entre ses phalanges. Il ne répondit pas tout de suite.
Je me surpris à retenir ma respiration.
— Ressenti.., répéta Sony d'une voix basse. C'est un mot dangereux, ça.
Il laissa passer quelques secondes, son regard perdu quelque part derrière nous, comme s'il parlait à une ombre invisible. Puis il releva les yeux. Et là, son regard croisa le mien.
— La dernière fois ? ... Disons que c'était assez fort pour me hanter. Suffisamment pour que ça m'obsède, mais pas assez pour que ça me retienne.
Une phrase énigmatique, jetée comme une énigme au milieu des flammes. Personne n'osa réagir tout de suite. Ruben ricana doucement, comme s'il avait décelé un sous-titre que nous, nous ne comprenions pas.
Et moi... je ne savais pas si Sony parlait de Hajar. Ou de moi.
Le silence qui suivit sa réponse s'étira comme un fil prêt à casser. Les flammes grésillaient, éclairant des visages figés.
Ciel, assise à ma gauche, se racla la gorge d'un air mal à l'aise. Ses doigts triturèrent nerveusement le bas de sa manche.
— Wow... sympa l'ambiance. On dirait un extrait de journal intime gothique, lâcha-t-elle avec un rire forcé.
Mais personne ne rit.
Ruben, lui, afficha son éternel sourire carnassier. Ses yeux brillaient d'un éclat mesquin.
— Hanter, obsession ... intéressant choix de mots, frérot. Tu parles de laquelle ? Hein ? demanda-t-il, comme un serpent qui souffle son venin.
Le regard de Sony se fit plus sombre, mais il ne répondit pas. Juste ce silence tendu, lourd, qui valait mille phrases.
Eurydice soupira, agacée, et leva les yeux au ciel.
— Sérieusement, c'est quoi ce drama ? On dirait une mauvaise pièce de théâtre. Si c'est ça votre grand jeu, je vais me coucher.
Elle lança ça d'une voix glaciale, mais ses yeux, eux, restaient fixés sur Davis. Et Davis, lui, évitait soigneusement son regard, comme s'il n'avait jamais voulu déclencher un tel chaos.
— Je t'en prie chérie personne ne te retient... Murmura faussement Ciel mais tout de même assez fort pour que tout le monde entende.
— C'était qu'une question, se défendit-il en haussant les épaules, visiblement mal à l'aise. Pas la peine d'en faire tout un poème.
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Wounded
RomanceSady Conagan pensait vivre une histoire d'amour comme les autres... jusqu'à ce qu'elle se retrouve piégée entre deux garçons, des sentiments impossibles et des choix qui la déchirent. Mais quand Hajar, une jeune fille liée à son entourage et à l'hom...
