Chapitre 45 : De bon matin

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PDV Thaïs

Mes yeux sont encore fermés quand un rayon de soleil vient frapper mon visage, me tirant lentement du sommeil. J'essaie de comprendre où je suis, mais les images de la veille me reviennent trop vite, trop fort. Beaucoup trop violentes pour un réveil.

J'ai mal partout. Comme si mon corps avait encaissé ce que mon esprit a refusé de porter. Chaque muscle est lourd, douloureux, épuisé.

La seule chose qui me retient de sombrer à nouveau, ce sont ses bras. Chauds. Fermes. Enveloppants. Je suis blottie contre lui depuis je ne sais combien de temps, et l'idée même de m'en détacher me serre la poitrine.

Ma tête pulse encore, souvenir brutal des sanglots de la nuit. Un verre d'eau, un doliprane... ce serait vital.

Mais si je bouge, je le réveille.

Et surtout... je n'ai aucune idée de la prochaine fois où je pourrai me retrouver ici, contre lui.

Et ça m'emmerde plus que ça ne devrait.

Lui : La princesse est réveillée ?

Attendez... il ne dort pas ?
Depuis quand est-il réveillé ?
Et pourquoi être resté avec moi s'il ne dormait plus ?

Wow. Beaucoup trop de questions pour un réveil.

Lui : Je n'ai pas dormi, Thaïs.

Son visage s'enfouit dans mon cou quand il prononce ces mots. Ses bras se resserrent autour de moi, m'emprisonnant doucement, m'interdisant de bouger. Sa voix est rauque, encore chargée de fatigue, et sa respiration contre ma peau m'arrache des frissons.

Sa chaleur me rassure. Beaucoup trop.

Moi : Comment ça tu n'as pas dormi Angelo ?

Lui : ...

Le silence s'installe, lourd, étouffant.
Il ne peut pas répondre quand on lui pose une question ? Sérieusement... comme si mon niveau de stress n'était pas déjà assez élevé.

Moi : Angelo.

Je réussis à me tourner vers lui, toujours emprisonnée dans ses bras. Nos visages ne sont plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre quand je répète, plus doucement :

Moi : Comment ça, tu n'as pas dormi ?

Il me fixe. Ses yeux sont cernés, tirés par la fatigue. Il a l'air épuisé... 

J'aimerais pouvoir lui retirer cette fatigue comme il a apaisé ma douleur, pas plus tard qu'hier. 

Sans réfléchir, ma main se pose sur sa joue. Ses yeux se ferment aussitôt, comme s'il attendait ce contact, comme si son corps répondait avant lui.

Il n'a toujours pas répondu à ma question.

Il rouvre les yeux lentement, et pendant une seconde, il ne dit rien. Puis ses lèvres frôlent à peine ma tempe.

Lui : Je voulais être sûr que tu ailles bien

Sa voix est basse, calme. Pas lourde. Juste vraie.

Ses bras se desserrent un peu, juste assez pour me laisser bouger, sans vraiment me lâcher. Son pouce trace des cercles lents sur ma hanche, mécaniques, apaisants.

Je soupire sans m'en rendre compte. Mon corps se détend enfin, comme s'il avait attendu cette permission.

Moi : Tu es idiot.

Un souffle de rire vibre contre ma peau.

Lui : Probablement.

Je ferme les yeux à mon tour. Le silence n'est plus oppressant maintenant. Il est doux. Plein.

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