La porte du véhicule claque, elle est sortie bien rapidement de l'habitacle pour quelqu'un qui ne sait pas où elle se trouve. Elle est bien à l'aise, votre collègue, hein...
À vrai dire, je préfère garder le silence pour le moment, j'ai peur qu'elle veuille partir si j'évoque le sujet. Oui, je sais, je suis égoïste, j'en ai conscience. Je sais pertinemment que c'est pour son bien et qu'elle doit partir, mais je n'arrive absolument pas à la lâcher.
Rien qu'à l'idée de la voir s'éloigner, mon poing se crispe. Chaque fibre de mon corps s'agrippe à elle, comme si la laisser partir pouvait m'arracher la peau.
Ses mots résonnent encore dans ma tête : « Quand je ne me souvenais pas de vous, c'était plus simple. »
J'ai rien laissé paraître sur le moment. Pas un putain de mot, pas un geste. Mais à l'intérieur, c'était l'explosion. J'aurais pu la supplier de rester, m'accrocher comme un con à ce qu'il me reste... mais j'ai fermé ma gueule. Comment j'étais censé réagir, sérieux ? À quoi ça sert de supplier quelqu'un qui veut foutre le camp ?
Et maintenant, mon silence me ronge. Son mépris me reste dans la gorge, ça a le goût du fer et de sa colère, un poison que je ne pourrais jamais recracher. Si j'avais parlé, je n'aurais fait que lui renvoyer ma douleur en plein visage. Alors j'ai serré les dents. J'ai préféré encaisser. Mais ça brûle encore.
Je ne suis pas son bouffon. Moi aussi, je dois me protéger. Il faut que j'avance et, malgré tout ce que j'ai pu ressentir ces derniers temps, elle n'est pas ma priorité. Elle ne doit pas l'être. Ma vie, c'est la Cosa, c'est aussi simple que ça. Tous ces sentiments n'ont rien à faire ici.
Elle voulait partir ? Elle n'en aura pas l'occasion. Pas parce que je suis un con, mais parce qu'elle ne le peut pas. Alors elle rentrera avec moi, qu'elle m'ignore ou pas, et moi... moi je finirai ce que j'ai commencé. Pour la Cosa.
Ça me fait mal de la garder près de moi. Pas parce que je veux lui faire du mal... mais parce que je sais que ça pourrait arriver. Elle est pas naïve, elle tient son rang, elle sait encaisser... et moi, putain, je vais sûrement la faire souffrir, même sans le vouloir.
Chaque silence, chaque mot que je vais retenir... je sens que ça va lui peser, que ça va la toucher. Ça me déchire de penser que je vais la briser. J'ai jamais été dur avec elle, jamais, et pourtant je sens déjà le bordel que ça va créer. J'essayais de me retenir, de garder le contrôle, mais je sais que tôt ou tard, je vais devoir être froid, dur... et elle va sentir ma violence, même si je m'en voudrais toute ma vie.
Ce tôt ou tard c'est maintenant, que je le veuille ou non.
Son père, son putain de père, était présent et, honnêtement, ça ne m'arrange pas du tout. Andrea aussi, ce qui est très mauvais signe pour moi. Comment est-ce que je suis censé gérer le tsunami d'émotions et surtout de questions qu'elle va avoir ? Tout ça sans être proche d'elle ? Impossible.
Moi je sais qui il est, je sais où il se trouve, je sais ce qu'il veut, je sais ce qu'il cherche. Le problème, c'est que l'on chasse la même chose. Un rival reste un rival. Qu'importe qui porte son sang.
Elle va me détester.
POV Thaïs
J'attends devant cette grande bâtisse, seule. Monsieur n'a pas l'air décidé à sortir de la voiture. À vrai dire, je n'ai aucune envie de lui adresser la parole ; l'adrénaline redescend à peine, je suis encore sur les nerfs.
Clac.
Il est enfin descendu et passe devant moi, sans un regard. Super. Vous êtes en train de me dire que je vais devoir ramer pour qu'il m'adresse la parole ?! Je comprends qu'il soit blessé, mais là, il va falloir qu'on parle de ce qui vient d'arriver. Je suis en sécurité ici... mais pour combien de temps ?
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MEXICO
AcciónQui choisir ? Que choisir ? Thaïs est perdu mais elle n'hésiteras pas à prendre les armes. Et eux non plus !
