3- Lawrence, ma demi-soeur

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Ma chère demi-soeur arriva en se dandinant, son postérieur faisant des allers-retours de part et d'autre de son bassin. Nous avions la même mère, ce que je regrettais grandement et nous ne nous entendions absolument pas. En fait, nous n'avions jamais été proche. Elle restait désagréable, un temps soit peu gentille avec moi mais JAMAIS sans intérêt. Sa blonde chevelure tirée de son père lui arrivait au dessous des épaules. Ses yeux marrons dénotaient avec ceux de mon frère et moi. En somme, nous ne nous ressemblions pas du tout physiquement et mentalement parlant même par les liens de sang ! Par addition, elle avait un an de moins que Pierre, soit presqu'un an de plus que moi. Je peux vous assurer qu'elle se sent parfaitement bien à jouer le rôle de grande soeur responsable !
Sauf qu'elle est tout sauf responsable ...
Enfin bon ! Je ne vais pas vous dire que je la déteste. Peut-être un tout petit peu ? Non... ma compassion me rattrapa. Elle est de la famille tout de même !

Lawrence vint donc nous tenir compagnie, la mine renfrognée, message qu'elle avait passé une mauvaise nuit. Les coudes en V sur la table, la tête nichée entre le creux de ses paumes rassemblées, elle grommela. Naturellement, comme si c'était un fait, la famille entière devait pâtir de son caractère invivable dés qu'elle s'était levée du pied gauche.
Je la fixais patiemment en attendant son éventuel salut matinal quand elle se leva brusquement pour aller vers la cuisine et se préparer un chocolat chaud. Pierre, plus diplomate que moi et se retrouvant souvent médiateur dans ce genre de situation très commune à la maison, s'approcha de Lawrence et lui frotta le dos pour la faire sourire. Comme par enchantement, un sourire étira ses lèvres de princesses et elle revint docilement à la table, sa fâcheuse passe était déjà oublié. J'étais pertinemment certaine qu'elle avait une fois de plus joué le jeu de la demoiselle mal menée par sa petite soeur.
Oui, à l'origine, d'après elle, si elle est malade, ce sera de ma faute, si elle dort mal, c'est aussi de la mienne. En clair, cette fille me menait la vie particulièrement dure. En plus de cela, elle était au courant pour mon don.
Et ce qui m'attendait me fit l'effet d'une douche froide.

_ Alors comme ça, soeurette, tu as rêvé de Paris en flamme ? Oooh mais pourquoi ne voudrais-tu pas mettre au courant les parents ? m'annonça t'elle crûment.

_ Tout simplement parce que je ne suis pas sûre des conséquences de mes actes si je prévenais les autorités. Et puis, comment as-tu entendu ça ? Ce ne sont pas tes affaires !

_ Certe j'ai probablement écouté aux portes ... dit-elle fièrement, mais je préfère assurer mes arrières. Aussi ... Te pourrir la vie fait partie intégrante de mon quotidien !

_ Tu ne vas quand même pas le dire aux parents !?
_ Si si si, chantonna t'elle au comble du bonheur.

Mon frère frappa soudainement sur ma table avec le poing. Resté calme jusqu'à présent, il ne tenait plus en place et j'étais des éclairs à sa demi-soeur.
Celle-ci réussit à ébaucher un demi-sourire bien que je voyais que la fête pour elle s'était terminée aussi rapidement que le poing de Pierre s'était abattu sur la table. Je n'osais pas bouger non-plus. Mon frère respirait l'autorité et la noblesse d'âme et terrorisait ceux qui s'aventurait trop loin avec lui. Il avait une sorte d'assurance propre aux aînés, et la justice entre autrui se respectait plus que tout avec lui. En gros, mieux valait se taire pendant ce moment pénible. D'ailleurs, Lawrence déglutit mais son assurance légendaire reprit du pouvoir et elle se redressa avec vanité.

_ Si tu crois me faire peur, lança t'elle.

_ Je n'essaie en aucun cas de te faire perdre ton sang froid mais je veux juste un arrêt indéterminé de vos chamailleries inutiles qui plombent l'ambiance. Il suffit ! répondit-il en gardant son aplomb.

À cet instant précis, mes parents débarquèrent visiblement alertés par le coup sourd de mon frère. Ma mère était une belle jeune femme châtain de quarante ans, ses yeux marrons illuminaient de colère. Mon père était bel homme, protecteur avec ses enfants mais réalisait fréquemment le rôle de gendarme ou de justicier auprès de nous. Il avait en lui des aires de vikings, cheveux mis longs, blonds et ondulés et des yeux d'un bleu ciel étincelant. Surtout quand il était furieux...

_ Qui a frappé ? commença t-il les bras croisés sur son torse.

_ C'est moi ... Mais..., répondit Pierre fautif.

_ Elle ne veut pas m'écouter, geigna ma soeur, je voulais lui dire de vous raconter ses prémonitions mais elle veut pas !

_ Quelles prémonitions, ma fille ?

Mes parents se retournèrent vers moi signifiant une capitulation immédiate. Mon père savait toujours lorsque je mentais. Va savoir comment ...
Je leur contais donc brièvement les scènes qu'ils m'avaient été donné de voir.
Mon père se caressa le menton et eut un signe de tête entendu avec ma mère.

_ Qu'en penses tu ? dit-il en s'asseyant sur un des tabourets.

_ Je n'ai pas vraiment envie de le faire savoir... chuchotais-je, si cela s'avérait faux ...

Mon père acquiesça et regarda de nouveau ma mère. Celle-ci, sans que personne ne sache pourquoi secoua presque imperceptiblement la tête de gauche à droite. Je restais là sans bouger ni comprendre les échanges silencieux de mes parents. Le petit déjeuner continua sans autre altercation, et je pus enfin monter dans ma chambre. Cette dernière était simple, une baie vitrée donnait droit sur le jardin, mes murs étaient de couleurs verts, et mon lit deux places occupait un tiers de l'espace et était devant la baie. En face de la porte se tenait mon bureau et dans le coin près de la vitre de la large baie, j'avais une étagère. J'y rangeais tous types de souvenirs et mes livres plus manuels du lycée évidemment. Après, un beau pot de fleur occupait ma mini terrasse en parquet, y mettant de la verdure, lobbie de ma mère. La journée passant, j'oubliais insouciante les événements de la matinée.

Le mercredi, même heure.

Je faisais mon nécessaire de toilette et mit un jean slim foncé avec un débardeur chic aux motifs fleuris. J'attachais mes longs cheveux brun en queue de cheval rigoureuse et descendit en vitesse pour partir au lycée.

En bas, Pierre m'attendait encore remonté contre l'attitude enfantine de Lawrence dont il avait périclité injustement et Lawrence ne tarda pas à apparaître en short orange tape-à-l'œil et chemise verte ouverte sur un tee-shirt blanc. La star populaire quoi ...
Elle me sourit férocement en me regardant et se rua vers la sortie de notre grand jardin. Un soupir exaspéré me monta à la gorge. Elle m'horripilait littéralement.
Arrivé au lycée après une marche d'environ un quart d'heure, je m'arrêtais net. Je frissonnai malgré moi. L'automne arrivait bientôt pourtant ce n'était pas ça qui m'avait donné froid. Une main rassurante se posa sur mon épaule. Mon frère me regardait avec inquiétude. Je fis signe que tout allait bien et repris ma marche assurée jusqu'au lycée.

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Ahah la suite au prochain épisode !! Cela vous plait t'il ??? Dite le moi en commentaire et donnait moi vos idées sur la suite de l'histoire ?
Trouverez vous ?? :)

Marianne, ClairvoyanceDes histoires addictives. Découvrez maintenant