8- Journées éprouvantes

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Les cours reprirent le vendredi. La journée se déroula tranquillement.
Après les cours, je me dirigeai vers le parc de Kleinmachnow pour y retrouver Adeline. Je tenais à m'excuser de mon comportement de mercredi dernier et désirais plus que tout la mettre au courant de ce dont j'avais été témoin. En effet, ma meilleure amie m'attendait à l'entrée du parc et nous commençâmes à marcher. Je lui racontai alors précisément les événements qui n'avaient pas encore franchis une seule fois, le bord de mes lèvres. À la fin de mon récit, elle grimaça.

_ C'est pas joli joli tout ça ...

_ Non effectivement ça me stresse. Surtout que quand tu joins cette histoire à mes visions, ça n'annonce rien de bon... affirmai-je.

Adeline secoua la tête comme pour enlever les images horribles qu'ils lui prenaient d'imaginer.

_ Je pense sincèrement que tu devrais en parler à tes parents. La dernière fois, ils ne t'avaient pas remballé... Et je te rappelle que ton père a un poste important auprès de l'Ambassadeur allemand...

_ Ouais mais ils ne vont peut-être pas me croire tellement cette histoire paraît folle. Imagine que tu racontes à des gens aussi haut placés que tu as des visions prédisant la destruction d'une des villes les plus développées du monde... répliquai-je défaitiste.

_ Non t'inquiète pas !! Organise un dîner avec l'Ambassadeur et montre lui qu'il peut te faire confiance et à la fin, raconte lui ta vision en arrangeant un peu les choses.

_ Bonne idée ... Tu penses vraiment que mon père va vouloir l'inviter alors que je ne lui ai pas encore parlé de ma dernière vision et qu'il ne sait rien de mon escapade ?

_ Tu broderas un peu ... J'ai toujours de bonnes idées !! se récria t'elle avec un large sourire carnassier.

Je cédais devant tant de bonne humeur. J'espérais que mon père ferait de même ... Le vent se leva et ébouriffia nos cheveux. Après une rapide étreinte, je partis en direction de la maison.
Quand je rentrais, Pierre révisait ses cours de médecine car il voulait devenir médecin militaire. Un métier passionnant qui réunissait ardeur, minutie et un corps de sportif. Tout ce qu'aimait mon frère. Mes parents étaient fiers de lui. Je vins lui faire la bise mais alors que je partais vers les escaliers, il m'attrapa férocement le poignet. Je lâchai un hoquet de surprise. Il dessera sa poigne de fer et me dit sans détour :

_ Tu es allée faire quoi mercredi soir ?

_ Rien pourquoi ?

_ Tu ne nous as pas tout dit je crois ...

_ Ba j'ai déjà raconté, lâche moi ! m'exclamai-je en tirant sur mon bras pour me dégager.

Il soupçonnait quelque chose ... Ce qui n'était pas bon du tout.

_ ... Tu mens. Ça m'étonne que papa n'est rien vu.

_ Mais lâche moi ! Arrête un peu, tu t'embrouilles tout seul, criai-je essayant de cacher l'expression craintive sur mon visage.

Il me lâcha entièrement le bras. Mais me fixa visiblement attristé.

_ Tu ne devrais pas mentir, soeurette. Cela te retombera toujours dessus, murmura t'il le regard ouvert au mien.

Je baissai la tête. J'angoissai. Si l'un de mes parents découvraient le pot au rose, je serai punie tout le restant de mes jours. Je partis rapidement, pour jeter mon sac dans ma chambre.
Penser à autre chose que cela. Penser aux devoirs. Déterminée, je m'installai à mon bureau et entrepris de faire mes fiches de préparation à l'oral de français de ma fin d'année de première S. Je travaillais acharnée depuis deux heures et n'entendis même pas ma mère arriver derrière moi. Je soufflai de contentement quand ma dernière fiche eut été terminée. Tout compte fait, j'allais pouvoir m'accorder un petit temps libre. Je me retournai pour me lever lorsque je vis ma mère adossée à mon lit en train de feuilleter un de mes livres préférés. Elle leva le menton et tapota sur le lit en signe d'invitation à venir près d'elle.

Marianne, ClairvoyanceDes histoires addictives. Découvrez maintenant