21- Mauvaise nouvelle

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Point de vue de Philippe:

Je me prélassais au soleil de l'île de la Sophia en songeant comme toujours à Marianne. Chaque fois que je me postais sur le toit de l'immeuble imposant, je rêvais d'elle. Chaque fois que je me prenais à suivre les doux mouvements de l'eau, je rêvais d'elle. Étais-je amoureux de cette fille que je ne connaissais pas ou à peine ? En tout cas, elle avait eu sur moi pas mal d'effets et ses charmes ne m'étaient pas indifférents. Elle me manquait, c'était évident mais je n'avais pas eu le droit de la rejoindre sur le continent européen car mon père refusait toute exposition au danger.
Une femme rousse fort bien accoutrée se dirigea d'un pas pressée vers le bureau de ce dernier. Elle toqua et s'engouffra à l'intérieur sans même attendre un accord de son supérieur.

Quelle éducation, pensai-je.

Des exclamations chargées de colère échappèrent à cette femme dans le bureau. Je décidais d'attendre qu'elle sorte pour mieux comprendre la situation. Peut-être que mon père aura la langue déliée aujourd'hui ? Étant de nature curieuse, il m'est difficile de rester calme quand de tels échanges se font alors que je suis à deux mètres. Même d'un toit, on entend tout... La femme que je venais de voir entrer ressortit les joues rouge de rage. Elle s'en alla d'un pas précipité et furieux, ce qui me rendit encore plus emplis de volonté pour affronter mon père. Celui-ci s'énervait que rarement auprès de ses partenaires de travail et leur hurler dessus n'était pas dans ses habitudes. Je me relevai en respirant un bon coup et me dirigeai vers la porte entre-ouverte de la grande pièce qui formait l'endroit où mon père passait la plupart de ses journées sans en sortir. Mon géniteur ne daigna même pas me regarder lorsque j'entrai d'un pas déterminé dans la pièce.
Je signalait ma présence d'un raclement sourd de la gorge.
Père souleva la tête. Son visage avait pris dix ans d'une traite. Son visage était pâle à faire peur un mort-vivant et des cernes violacées se dessinaient en arc de cercle sous ses yeux. Qu'avait-il bien pu se passer pour qu'il ne ressemble plus à celui qui était censé être le gérant d'un gouvernement universel ?

Ses épaules d'affaissèrent quand il remarqua enfin la présence de son fils avec lui. Il articula patiemment, ses lèvres formant une moue:

_ Que veux-tu Philippe ?
_ Que s'est t'il passé tout à l'heure ? Les nouvelles se sont encore dégradées ? La dame avit l'air ... Remontée contre toi ...

Il me fixa intensément pendant un instant et ses yeux s'emplirent de tristesse visible au creux de ses pupilles dilatées par le sel des larmes qui remontent. D'un geste de la main, il essuya celle qui débutait un long parcours en traçant des sillons sur la peau de sa joue. Son instinct masculin le rattrapa et il se redressa sur sa chaise. Je haussai le sourcil cherchant à savoir la raison de ce brusque changement d'attitude non à son avantage de père et chef. Une pensée traversa mon esprit. Et si c'était ... Non pas elle !

_ Père dis moi ! C'est maman ? Que s'est-il passé ?
_ Tu ne voudrais pas savoir ... Ce n'est pas bon pour toi ..., essaya t'il d'argumenter ses traits se décomposant au grès de mes paroles brutales.
_ Père, j'assumerai. Dis moi s'il te plait ...

Il prit un temps qui me parut mille années. Bon sang ! Allait-il cracher le morceau ? Enfin, il souffla la voie pâteuse et rageuse à la fois d'une colère contenue par la tristesse.
_ Berlin a été gravement touché par trois bombes et une fusillade. Il y a eut beaucoup de morts mon garçon..., dit-il difficilement en jetant un regard inquiet sur moi. Il y a peu de survivants et...
Il respira un bon coup.
... Marianne et son frère s'y trouvait.

Je reculai d'effroi ne cachant pas le fait que je ne me contrôlais plus à mon père.

_ Pa-pa ... Il faut que j'y aille. Je veux voir s'ils vont bien !
_ Mon fils, tu ne sais pas ce que tu fais, je ne te laisserai pas y aller seul, riposta t'il au bord du désespoir. Je ne veux surtout pas qu'il t'arrive la même chose affreuse !
_ Père, ne parle pas pour moi. Es-tu assez égoïste pour me garder cloîtrer ici, sur cette île toute ma vie ? Marianne et sa famille ont besoin de quelqu'un pour les soutenir. Ils doivent être encore plus tristes que nous à l'heure qu'il est !

Je me retournai vivement pour partir en direction de l'aérodrome. Pas besoin de l'autorisation de mon père pour quitter cet endroit.

_ Non attends ! Je comprends que tu veuilles y aller. Vas-y mais ... Prends Péter avec toi. Ce sera ton garde du corps. Fais attention mon fils, tu restes une proie de haute ampleur pour les Brillants.

Je partis sans me retourner et courus jusqu'à l'hélicoptère. Après avoir commandé au pilote de décoller pour Berlin, je lançai un coup d'œil au sol de ma demeure.

L'hélicoptère s'éleva parmi les nuages de vapeur d'eau et fila entre ces cotons aériens.

Dans les airs, il est plus facile de voir le monde...

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J'aime bcp la description des airs et de la nature. Je sais que je me répète mais le cadre de l'histoire dans lequel évoluent les personnages est extrêmement important !

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Merciiii bisous pr la suite !

Marianne, ClairvoyanceDes histoires addictives. Découvrez maintenant