Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu des convictions. La conviction que toutes les filles cherchent désespérément à ressembler à Barbie et perdent leur temps, que deux plus deux font quatre, que le chocolat est une des plus belles découvertes sur cette Terre ou encore que le jaune canari n'est pas à la mode.
Oui, j'ai toujours été très sûre de moi sur ces points bien précis et jamais quelque chose ni quelqu'un n'a pu les remettre en question dans mon esprit.
Et bien Harry et moi, ça avait été exactement pareil, une évidence. Quelque chose aussi clair que de l'eau de rose et aussi discernable que le nez au milieu de la figure, une vérité générale aussi indiscutable que la température de fusion de l'eau. Et je l'aimais, cette évidence, elle me faisait rêver. Bien sûr, je l'aimais lui aussi, mais cette idée d'avoir enfin trouvé la personne qui me correspondait était un sentiment ridiculement inexplicable au-delà de tout ce que l'on puisse ressentir. Je pense que c'est en partie pour cette belle illusion-là que son départ a été pour moi aussi dévastateur qu'un ouragan et aussi douloureux qu'une balle dans la tête. Peut-être que si elle n'avait pas été là pour m'aveugler, que si j'avais su dès le premier jour que cette relation était vouée à l'échec, ça aurait été beaucoup plus facile d'oublier ce feu inextinguible qui brûle en moi dès que mon regard croise le sien ou qu'il prononce un mot.
Alors quand je reprends difficilement ma respiration après mon accès de colère, je me dis que j'aurais juste préféré que la vie se déclare plus tôt pour m'alarmer de l'absurdité de cette évidence-là. J'aurais fait n'importe quoi pour trouver cette lettre véridique avant de prendre toutes ces décisions irresponsables simplement pour suivre un idéal qui n'a jamais appartenu qu'à mes rêves de gamine.
Mais c'est beaucoup trop tard et je dois payer le prix de mon amour irréfléchi pour Harry.
Mes pensées noires sont brusquement interrompues quand j'entends un bruit de pas retentir dans le couloir et je voudrais subitement pouvoir me dissoudre entièrement sur le sol de la salle de bain.
Je prie pour que mon petit cerveau à bout de nerfs ait eu une hallucination, mais évidemment ce n'est jamais le cas lorsque je le souhaite vraiment car j'entends bientôt Harry frapper timidement à la porte contre laquelle je suis toujours recroquevillée.
- Madi, tout va bien ? T'es là ?
Sa voix encore endormie et rocailleuse devrait m'attendrir mais pourtant elle me dégoûte et avant de me décider à me taire pour qu'il s'en aille et que je puisse avoir la paix, je me ravise juste à temps pour charger les canons de guerre et déverser ma rage sur lui.
Après tout, plus rien n'a d'importance si je n'en ai jamais eu.
Une force nouvelle m'envahit et je m'empare rapidement de la lettre d'Harry posée sur mes genoux.
- « On aura beau me décrire en long et en large la douleur que ressent Madison parce qu'elle n'est pas capable d'être forte et de faire face à la dure réalité de la vie, je ne réagirai pas. Je me fous de tout ce qu'elle peut traverser, aujourd'hui comme demain et jamais je ne m'en tiendrais pour responsable », commencé-je d'une voix tremblante.
Une mince réponse provenant de l'autre côté du bois blanc se fait attendre quelques secondes.
- Madi, qu'est-ce que tu dis ? Pourquoi t'es enfermée ici à cette heure-là ? Sors s'il te plaît.
Je bous littéralement en constatant qu'il essaie encore de masquer des évidences et cela ne fait que renforcer ma détermination à briser les masques.
- « Caspar, je joins à cette lettre celle que tu m'as envoyée il y a quelques jours car je ne sais pas ce que je suis censé en faire et je n'ai vraiment nulle envie de la garder », continué-je d'une voix éclaircie par la colère. Ça ne te dit vraiment rien ?
VOUS LISEZ
Begin again - Harry Styles
FanfictionMadison, 18 ans, mène une petite vie tranquille en Caroline du Sud. Cette belle fille brune a tout ce qu'il faut pour être heureuse, une famille qu'elle aime, un merveilleux meilleur ami qu'elle connaît pratiquement depuis toujours et beaucoup d'am...
