Après quatre heures de shopping déterminé pendant lequel ma mère s'est comportée comme un enfant dans un magasin de jouets avant Noël, nous sommes enfin de retour à la maison.
Alors que je m'écroule sous le poids de tous mes sacs dans l'entrée, j'aperçois Evelyn, ma sœur, affalée dans le canapé, les yeux rivés sur un bol de céréales.
Je pousse un long soupir et elle me jette un regard mauvais.
J'avais presque fini par oublier qu'elle vivait ici, elle aussi. Il faut dire qu'on la voit si rarement à la maison. Elle passe ses journées dehors chez son petit ami gothique, Zayn, que je ne peux pas supporter, et ses nuits à faire la fête dans le premier bar qu'elle trouve.
Elle a beau avoir deux ans de plus que moi, je me considère comme largement plus mature qu'elle. Elle ne sait pas ce qu'elle veut faire de sa vie, et après avoir été refusée à Columbia, elle ne s'est plus inscrite ailleurs. Elle ne fait que traîner de petit boulot en petit boulot et «profiter», comme elle le dit si souvent à mes parents qui sont morts de peur pour son avenir. Je me demande d'ailleurs comment elle peut profiter en étant ivre la moitié du temps qu'elle passe éveillée.
La vérité, c'est qu'il y a toujours eu un immense fossé entre elle et moi.Elle est plus froide que la glace et elle ne m'adresse jamais la parole en général, sauf lorsqu'il s'agit de critiquer, évidemment. J'ai essayé plusieurs fois d'apaiser cette tension qui plane entre nous, mais ça n'a pas fonctionné. Je n'ai jamais su pourquoi mais j'ai depuis toujours l'impression qu'elle me déteste, et le mot est faible. Je n'ai rien fait pourtant. Et pour une raison qui m'échappe, le départ d'Harry n'a fait qu'empirer les choses.
Je reste quelques instants là, à la considérer. Elle pourrait être belle si elle ne mettait pas des tonnes de maquillage autour de ses yeux bruns en amande et si elle s'habillait avec plus de tissu. C'est fou comme je la regarde comme une étrangère, même si elle fait partie de ma famille.
Quelque part, au fond de moi, je voudrais tellement qu'on s'entende bien toutes les deux. Qu'on ait des choses sans intérêt à se raconter, qu'on se dispute parfois mais qu'on puisse encore rire de notre vie et s'échanger nos vêtements,comme deux sœurs normales.
Je me demande un instant si je ne dois pas engager la conversation, puis je me rappelle vite que ça ne servirait à rien. Ça ne sera jamais simple entre nous.
Je monte les escaliers toujours chargée de mes sacs et me dirige vers ma chambre pour aller me préparer. Je ressens comme une vague de froid et un pincement au cœur en enlevant le sweat d'Harry que je n'ai pas quitté de la matinée. Je sais, je suis pathétique.
Je prends peur en m'observant dans le miroir. J'ai une mine de fantôme et d'épaisses cernes violettes se dessinent sous mes yeux. Je soupire longuement. Et dire que je suis sortie comme ça, heureusement que je n'ai croisé personne. Je me demande comment je vais faire pour avoir l'air présentable pour ce soir.
*
Je jette un dernier coup d'œil dans le miroir. Je suis enfin prête. La robe longue rose pâle et noire que j'ai choisie tombe parfaitement sur moi et le décolleté parsemé de quelques brillants met en valeur ma poitrine, sans que ce soit vulgaire. Ma mère voulait absolument partir dans quelque chose de farfelu et de complètement imprévisible avec mes cheveux, une sorte de chignon tressé et bouclé avec une rose d'après ce que j'ai compris. J'ai bien fait finalement de la couper dans son élan pour lui proposer une coiffure plus simple. Mes cheveux bruns meurent sur mes épaules dans de larges boucles et une tresse large traverse tout l'arrière de ma tête. C'est élégant, sans en faire trop, pile ce qu'il me faut pour me sentir à l'aise. Le maquillage a bien fonctionné aussi. On ne voit plus une seule trace de l'existence de mes vilaines cernes grâce à un peu de fond de teint et mes yeux sont agrandis par un joli smokey eye auquel je ne tenais pas au début mais que je suis en fin de compte heureuse d'avoir accepté. Une légère couche de gloss d'un rose très doux recouvre mes lèvres et réussit à cacher leurs gerçures. Je devrais vraiment arrêter de me mordre les lèvres constamment.
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Begin again - Harry Styles
FanfictionMadison, 18 ans, mène une petite vie tranquille en Caroline du Sud. Cette belle fille brune a tout ce qu'il faut pour être heureuse, une famille qu'elle aime, un merveilleux meilleur ami qu'elle connaît pratiquement depuis toujours et beaucoup d'am...
