Ce poème, je le grave dans mon cahier de survie,
En vers francs et libres, autant que je le suis,
Vingt-cinq mai, mercredi, seize heures, après huit mois d'hostilités,
Le treize et demi en physique, je l'ai voulu ; je l'ai gagné.
Après huit mois d'hostilité, de guerre incessante,
Sur mes mauvaises notes, j'ai fait une décente,
Bref, j'ai acquis une moyenne supérieure de quatre points
À celle du trimestre dernier... je peux à présent voir plus loin,
Et si, sur ma main gauche, trois doigts sur cinq sont niqués,
J'ai toujours gardé la tête haute, sans paniquer,
Les poings dans les poches, sourd aux avis,
Je me suis battu, démené pour ma vie.
J'ai travaillé jusqu'à parfois très tard,
Quasi toujours en cours, toujours en retard
Sur les leçons, sale mouftard du fond de la classe,
Presque binoclards, les profs l'ont bien vu ; je me dépasse.
Je leur ai craché à la gueule, dans mes lignes,
Tous autant de personnifications d'un système scolaire indigne,
Cent soixante-huit pas et huit mois de maturité plus loin ;
Un coup de genou, treize impacts ; j'ai sorti mes poings !
Thibault Desbordes.
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Blitzkrieg
PoesieTroisième pas dans l'écriture, aussi lourd que grand. avril 2016 - juin 2016 - Dans le silence d'une chambre où s'annonce l'écriture, D'un certain recueil où sonnent les ratures.
