N et Peine intemporelle

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À toi, hum-N à qui j'écris cette feuille,
Toi qui ne voulais pas que moi je m'en veuille,
De t'avoir quitté, car je t'ai abandonné,
Fuyant en hâte tout ce que je t'ai donné.

L'aval fait mal je crois, et tu en souffre tant,
Coîte dans ta vie qui va se délitant,
Et pourtant, j'observe tes encres si belles
S'éparpiller dans le monde en fleurs nouvelles...

Tu es génie, mais ton génie gémis trop fort,
Tu ère sans espoirs, attirée par la mort,
Toi qui n'a plus de toit ; qui ne m'a plus, moi,
Dénuée de l'un puis de l'autre tu as froid.

J'ai fui cette noirceur en piétinant ton cœur,
J'en ai fait s'échapper un peu plus de chaleur,
Encore percée, la roue crevée du bonheur
Se traînera jusqu'à ce que tu en meure.

Ton génie noirci aspire à un temps rompu,
Et ton tortionnaire se tord d'un sourire
Quand il te voit telle qu'il t'a fait ; corrompue,
Vaincue par des chaînes qui ne peuvent courir !

Thibault Desbordes.

BlitzkriegOù les histoires vivent. Découvrez maintenant