Adossé à l'un de ces murs centenaires
Comme il y en a tant dans la Forêt de Marly,
Un banc, une poubelle et une barrière
Ressemblaient fort à un cheval qui hennit.
Et le tout était planté là, sur la mousse,
Le cheval galopait sur les feuilles rousses ;
La canopée lui tendait de moelleux parfums ;
L'heureux cheval humait, ses naseaux au matin.
Il riait, ou parfois montrait de grandes dents,
Il couchait dehors, car c'est bien triste au-dedans,
L'humus époussetait doucement sous son fer
Un mucus spongieux, sans savoir quoi en faire !
Le joyeux canasson, hilare et sans raison,
Teignait son crin selon l'humeur de la saison.
Roulait sa croupe et son sabot sur les sentiers,
Discrets forestiers dont il avait l'amitié !
Ainsi ce singulier cheval vagabondait,
Dans cette forêt où toute vie abondait ;
Libéré des contraintes de son forgeage,
Il existait ; créant le monde à son image !
Thibault Desbordes.
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Blitzkrieg
PoesíaTroisième pas dans l'écriture, aussi lourd que grand. avril 2016 - juin 2016 - Dans le silence d'une chambre où s'annonce l'écriture, D'un certain recueil où sonnent les ratures.
