Esprit d'équipe

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L'heure du déjeuner avait sonné mais aucun des trois n'y avait porté attention. Chacun plongé sur sa tablette ou son ordinateur, cherchait la trace d'un Thomas PARME mais rien n'apparaissait.

Une fois, un Thomas Parme était apparu dans les Pyrénées, dans la Vallée du Louron, une vallée perdue au milieu des montagnes, à la frontière espagnole. Thomasine s'était précipitée sur le téléphone mais un jeune homme d'une vingtaine d'année lui avait répondu avec un fort accent du sud-ouest. Ça ne pouvait décidément pas être lui.

Après cette lueur d'espoir, dans un silence de cathédrale, ils reprirent leurs recherches. Personne ne disait rien mais plus les minutes passaient et plus leurs inquiétudes grandissaient. Et s'ils ne trouvaient rien...

à 13h30, Albin proposa de faire une pause. Il passa voir sa femme dans sa chambre, puis fit réchauffé un plat de lasagnes surgelées. Les autres n'avaient pas levé le nez de leurs écrans.

- Vous avez besoin d'une pause les enfants. On n'a rien trouvé pour l'instant. Il faut se préserver aussi, prendre soin de nous. Sinon on ne tiendra pas sur la longueur.

Thomasine décollait les yeux de sa tablette... elle voyait son père en pointillés. Elle comprit combien il avait raison.

Chacun s'asseyait autour de la table, la fatigue commençait à se faire sentir: leurs nerfs avaient été mis à rudes épreuves depuis deux jours et le fait de n'avoir aucune piste les rendaient nerveux....

Thomasine avait cette impression que les jours passaient rapidement et que chaque seconde empoisonnait un peu plus sa mère et l'amenait sur le chemin de la mort. Elle prenait des responsabilités qui la dépassaient et elle n'avait pas le choix. Être adulte, si vite, si fort et avec tant de responsabilité.

- Peut-être qu'on ne cherche pas au bon endroit, coupa son père.

Les deux adolescents sortaient de leurs rêveries.

- Il se peut qu'il est gardé l'appartement de sa mère... Nous n'avons même pas pensé à aller voir...

Cette éventualité était évidente. Pourquoi n'y avaient-ils pas pensé plus tôt? Thomasine posait sa fourchette et se leva.

- On y va!

- Hey, doucement jeune fille... Pour résoudre cette énigme, il va peut-être falloir rester en vie ET en bonne santé, lui dit Étienne. Donc tu finis tes lasagnes, tu prends un yaourt, on débarrasse, tu file embrasser ta mère, et on y va.

Le ton paternaliste qu'avait prit Étienne, faisait hurler de rire Albin Bastille. Thomasine sourit pour ne pas perdre la face, mais elle aurait pu avouer qu'elle était vexée par la prise de pouvoir de son ami. Cependant, les hommes de la table, avaient décidés qu'il en serait ainsi et c'est ainsi que se déroula l'heure suivante.

Une fois qu'elle avait remplie toutes ses promesses, Thomasine se tourna vers son père.

- Au fait, tu te souviens où elle habitait?

- Euh oui.... Vers la prison de la santé...

- Ok. Mais l'adresse exact.

- T'excite pas, on va trouver, la rassura Etienne

Il récupéra la tablette et tapa "prison de la santé". La page de Wikipédia de la santé s'afficha.

- Alors, on a le choix entre: le boulevard Arago, la rue Messier, la rue Jean Dolant ou la rue de la santé.

- Rue Jean Dolant s'exclama Albin

- Ok. Sur?

- Sur! Maintenant le numéro.... C'était au bout de la rue....

Etienne parcourait la rue sur Google street en explorant les bâtiments un par un. Quand ils arrivèrent au 10 de la rue, le visage de l'homme s'éclaira.

- C'est là... C'est sur!!! Je reconnais la bâtisse et les inscriptions au dessus de la porte

- D'accord on y va! hurla Thomasine.

Les deux hommes échangèrent un sourire. Mais ils ne virent plus grand chose pour la calmer et la retenir. Chacun enfila son manteau et ses chaussures.

- Thom....

- Oui papa?

- Ce serait bien que tu passes voir ta mère....

Depuis la veille, elle avait évité ce moment mais elle savait qu'elle ne pouvait plus y couper.

Elle frappa doucement à la porte et se glissa dans la chambre assombrie par les volets tirés.

- Maman?

Sa mère ouvrit les yeux

- Thom...

- ça va?

Elle lui répondit par un sourire

- Maman, on avance, on va te sauver, tiens bon. On va voir le fils de Lysandra... On va le retrouver. Je vais trouver ce secret, je vais... te sauver...

Sa voix s'étrangla.

- Assieds toi deux minutes là, ma crevette.

Thomasine s'assied du bout des fesses sur le lit.

- Ne te sens obligé de rien mon ange... Si je me suis tue depuis tout ce temps... C'est que... Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit...

- Maman je vais te sauver...

- Chéri... J'ai eu une vie magnifique... Ton père... cet être merveilleux... Puis toi... Tes rires, ton intelligence... Ta générosité... tu es...

Une toux lui coupa la parole

- Maman. J'ai besoin de toi. Recouche toi. Repose toi. je pars te sauver.

Le médaillon de MousselineOù les histoires vivent. Découvrez maintenant