C'était l'enfer ! Depuis maintenant plus d'un mois la tempête Sonya déferlait sur ma vie. Rien n'allait plus. Elle avait séduit mon meilleur ami alors qu'elle voulait sa peau, quant à Léo, si jamais il disparaissait un matin je saurais qui était à blâmer. Mes parents se faisaient les idées les plus saugrenues au sujet de cette fille qui m'accompagnait en cours presque tous les matins. Personne ne voyait ce que je savais sur elle. Sonya n'avait rien de la fille charmante qu'elle paraissait être au lycée ou partout ailleurs où des yeux innocents la regardaient.
Edward posa le doigt sur l'énoncé de l'exercice de math que nous traitions.
-Tu as réussi à finir la question 2.c) ? Demanda-t-il son crayon à la commissure de ses lèvres.
Je clignais des yeux pour cesser d'observer la jeune femme blonde qui était retournée un rang devant nous. Elle devait raconter des bêtises car elle gesticulait bizarrement tout en changeant d'expression régulièrement. Les deux autres qui l'écoutaient se tordaient de rire sur leurs chaises. Le professeur ne la voyait jamais pourtant. Elle avait le don pour se retourner pile au moment où il jetait un regard à la classe et adoptait alors l'attitude d'un agneau venant de naître.
-Euh, j'ai tenté un changement de variables. Tu poses X=x2 et tu débloques une partie de l'équation.
-Je vois ... après comment tu te débarrasses de ...
Et nous étions plongés dans le problème de nouveau. Notre professeur corrigeait un exercice au tableau tandis que la classe murmurait dans son dos. Nous n'étions pas trop dissipés cette après-midi. Il se retourna sur son estrade, élevée d'une quinzaine de centimètres au dessus du sol, et fixa la classe : trois rangées de deux personnes qui s'étendaient jusqu'au fond de la pièce. Les retardataires se hâtaient de copier ces inscriptions bizarres, qui de mon point de vu ressemblait plus à des hiéroglyphes qu'autre chose, avant qu'il ne les effacent.
Il prit sa pose emblématique, une main posée sur sa barbe grise, les yeux perdus dans le vague. Je savais qu'il ne tarderait pas à choisir un élève à faire passer au tableau. Je me rapetissais au maximum, la seule idée d'être planté devant tous les autres et d'être ridicule me rendait nerveux. Le temps semble toujours long lorsqu'on attend en priant pour ne pas entendre son nom appelé de la liste des potentiels candidats.
-Sonya, voulez-vous bien venir nous faire part de vos résultats ? Demanda-t-il à l'adolescente qui avait retrouvé son rôle de sérieuse élève.
Sauvé ! Comme si on avait le choix de refuser de toute façon. Sonya ne semblait pas ravie. Elle afficha une moue mitigée avant de se lever de l'avant dernier rang de la classe et d'avancer jusqu'à l'estrade. Sonya attrapa lentement la craie que le professeur lui tendait, un échange silencieux se déroula et se conclut sans que personne d'autre ni prenne part. Le mathématicien l'encouragea d'un signe de tête à poursuivre. Lorsqu'elle se comportait comme n'importe quelle autre fille de dix-sept ans, Sonya n'avait en effet rien d'impressionnant si ce n'était sa grande taille et sa beauté naturelle.
-Je suppose que l'on commence par poser l'équation du cercle, on trouve (x-3)2+(y+2)2=1, dit la jeune femme en écrivant son raisonnement sur l'ardoise verte sombre.
Puis au bout de deux minutes Sonya ralentit le rythme et revenait sur la même chose, elle ne dégageait plus sa confiance habituelle. Les mathématiques seraient-elles sa faille ? Je la plaignais un peu d'être devant une bande d'adolescents moqueurs, même si dans l'ensemble personne ne disait rien à son sujet.
-Euh je ne vois pas comment continuer ... déclara-t-elle en se retournant vers monsieur David.
Ce dernier suivi ses calculs des yeux avant de lui adresser une question. Elle secoua la tête négativement.
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Métamorphose
ParanormalUn fusil. Une balle. Une victime. Quand une série de meurtres sanglants secoue la région, Sam n'a pas idée de ce qui est en train de se passer jusqu'à ce que son nom apparaisse dans la liste des victimes potentielles. Alors que les autorités peinent...
