Chapitre 39 :

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Je protégeais mon visage tandis que je traversais la vitre du toit du bâtiment. Mon sang bouillonnait dans mes veines à l'idée de me retrouver au milieu de ce guêpier. Les coups de feu firent rage de plus belle quand j'atterris au sol. J'effectuais aussitôt une roulade sur le côté pour amortir la chute. J'étais prête à faire déferler la rage en moi. Je n'avais aucune pitié pour ces gens qui nous faisaient du mal. Ils méritaient le jugement de Maara. Je la sentais insuffler son énergie divine dans mon corps. Des frisons parcoururent mes nerfs. Et j'étais prête, prête à accomplir ma mission !

Sam se trouvait de l'autre côté de la plateforme. Je n'avais pas le temps de me préoccuper de son sort, j'espérai seulement qu'il parviendrait à voir sa vie comme plus importante que les leurs. S'il n'arrivait pas à tuer, il serait vite achevé.

Tandis que je me débattais férocement de mon côté, je ne pouvais pas veiller sur ses arrières. Il était seul. Moi aussi. Nous manquions cruellement d'effectif face à cette meutes enragées.

Première cible validée. J'enjambais un carton sur mon chemin pour me retrouver sous son nez. D'un mouvement agile je me retrouvais dans son dos, mon couteau sous sa gorge tendre. Je lui tranchai la gorge avant de me servir de son corps comme d'un bouclier. On me canardait de toutes parts, heureusement ma présence avait semé la panique au sein des membres de la Secte qui ne s'étaient pas préparés à une intervention si rapide de ma part.

Ma cible était en train de se replier. Je devais mettre la main sur lui. Le « vampire » comme le surnommait Sam, celui qui orchestrait tout depuis l'ombre. Dans le pire des cas, il me fallait au moins Monsieur de Lacroix.

J'avais des comptes à rendre avec cet homme. Il ne s'en tirerait pas aussi bien. Il était le premier responsable de la mort de Rebecca. Laura était la deuxième sur la liste. La mort de son père serait une punition suffisante.

Les deux hommes n'étaient pas si loin de moi, malheureusement sous les coups de feu, les rejoindre était tâche impossible. Je jetai le corps criblé de balles par dessus la rambarde avant de m'accroupir pour trouver refuge derrière une tôle en ferraille.

Le temps. La vie. Toutes ces choses qu'on perdait si facilement. La situation était critique. J'allais échouer. Je ne pouvais pas échouer, c'était simplement impossible pour moi de concevoir une telle chose. Mourir sur le champ de bataille plutôt que d'échouer.

Un rugissement animal suivi d'un cri déchirant. Il ne survivrait pas aux crocs de la Bête.

Les efforts de Sam me ramenèrent soudainement au passé.

« Un bâtiment éclairé de quelques lumière vacillantes. Une fumée étouffante. Mon coeur de gamine de onze ans tambourinant dans ma poitrine. J'avais peur, peur de ce qui se cachait dans l'ombre. S'ils me trouvaient, ils me tueraient, c'est ce que m'avait expliqué Érik. J'étais excitée aussi, car j'avais l'occasion de prouver ma valeur à l'Organisation pour la première fois. Inspiration. Expiration. Déplacement. Je bougeais avec la discrétion d'un spectre. Un tuyau d'aération laissait échapper de la vapeur suffocante. J'étais aveugle ici. Le bruit de l'usine couvrait les échos de leurs pas. La chaleur était insupportable. J'avais l'impression de m'étouffer comme lors de mon entrainement en Malaisie dans une forêt tropicale.

Un reflet éblouissant dans le coin de l'oeil, je pivotai pour faire face à la menace. Rien. Juste un voyant lumineux qui venait de s'allumer sur un panneau de contrôle. Je perdais mon sang froid.

Sur les nerfs, je me déplaçai de nouveau. Je grimpais sur un gros tuyau en aluminium pour m'abriter. Je me figeai aussitôt que des pas retentirent dans le couloir. Ils étaient là. Et nous avions pour cible les uns les autres. Je ne les laisserai pas gagner ! Je voulais vivre. Ils étaient armés. Je n'avais que mes précieuses lames. J'aurais aimé avoir mon arc, c'était impossible. Pas assez pratique lorsqu'il s'agissait de rester discret.

MétamorphoseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant