La tempête.
Les troncs qui hurlent, le vent qui gémit.
La neige brûlante de froid fouettant la terre.
Opale chuta au sol, ses mains meurtries s'enfonçant dans l'épais manteau blanc, couvrant tout ce qu'elle pouvait voir. Les craquements des arbres et le sifflement du vent, si puissants face au silence de la grotte, manquèrent de l'immobiliser au sol ; elle dû prendre sur elle pour se relever lentement, ballotée par les bourrasques et la neige.
L'elfe porta sa main au front, tentant d'abriter ses yeux et de savoir où étaient ses coéquipières. Ce simple geste la déstabilisa, et elle chuta à nouveau dans la neige. Le froid la glaça jusqu'aux os, et elle chercha par tous les moyens à échapper à cette prise gelée.
Elle parvint à s'extirper de la masse immaculée, tremblante : même si la combinaison donnée par Laso avait été conçue pour retenir un maximum de chaleur, c'était dérisoire face à cette tempête. De plus, les plaques métalliques destinées à la protéger ne faisaient que l'alourdir.
- Bel ! Caiyo !
Opale leva sa main à son visage, cherchant à invoquer son don ; mais ses déchainements de force l'avaient privée de celui-ci. Ses pupilles cherchèrent un repère : seuls les flocons accrochèrent son regard. La nuit noire s'offrait aucune aide, pas même les étoiles. L'elfe était seule, seule au milieu d'une infinité obscure et hurlante, seule dans la neige.
Elle sentit soudain une présence dans son dos. Aussitôt, les souvenirs de cette expédition inondèrent son esprit, et elle se remémora les créatures rôdant dans les Terres des Anciens. Sauf que cette fois, personne ne viendrait à son secours.
Elle était isolée, vulnérable.
Une cible parfaite.
L'elfe se retourna, se protégeant le visage de ses mains. L'air se déchira, et une tache de couleur contrasta avec l'obscurité. Opale sentit le col de sa tenue être tiré en avant ; sans pouvoir réagir, la chose la souleva du sol.
Ses pieds battirent l'air, faisant seulement tomber les flocons amassés sur le tissu. Opale se mit à crier, terrifiée, horrifiée. La neige avait fait main basse sur sa vision, et elle était incapable de discerner ce qui l'avait attaquée.
L'elfe se sentit déplacée, tirée dans le vide par cette créature. Sa respiration était difficile, le froid la paralysait. La panique et l'adrénaline ne suffisaient pas à la libérer ; elle était forcée de restée immobilisée, condamnée par son instinct de survie, lui ordonnant de respirer, à tout prix.
- Opale !
La chose la lâcha brutalement, et l'elfe roula au sol. Une présence se précipita vers elle, et Opale comprit de qui il s'agissait : Bel. L'elfe distingua la main de celle-ci rejoindre son poignet, alors que l'autre agrippait son propre bras.
- On ne doit pas rester là ! cria l'adolescente en aidant son amie à se relever.
- Et Caiyo ?
- Je suis là.
Opale jeta un coup d'oeil vers la voix, distinguant une silhouette parmi les flocons tourbillonnant. L'elfe hocha la tête, rassénérée.
- Pour l'instant, on ne peut pas prendre de direction exacte : on doit simplement trouver un abri ! s'époumona Bel.
- Tu penses que ça va être simple ? arqua Caiyo, se rapprochant avec difficulté.
- Je prends la tête de la marche ! Caiyo, au centre ; Bel, à la fin ! Tu peux utiliser tes mains pour repérer les environs, à ce que j'ai crû comprendre ?
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Sphérianne
Fantasi"Seul le feu éclairera notre aube. Seul le sang épanchera notre soif. Seule la mort nous fermera les yeux." Depuis un millénaire, deux peuples mènent une guerre sans merci à la surface de leur terre, Liyol, pour le contrôle de celle-ci. Les Evara...
