Chapitre 16 : Vengeance merdique

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Ecrit par ladygogo1


         Concrètement, je suis – on est – dans la merde. Je visualise déjà la scène : mes parents gênés face à une bagarre titanesque entre Max et Ethan ainsi que moi derrière eux, indécise, les yeux écarquillés de larmes mais surtout en train de m'évanouir. Il me semble surtout que j'ai lu trop de romances... Enfin, passons ! Les deux hommes déjà cités se défient sans cesse du regard, Ethan a eu l'air de comprendre qui était ce jeune homme en entendant ma mère crier : « Regarde comme ce cher Max a grandi ! ». Ma mère a aussi eu le temps, en 5 minutes, de me demander comment se passait mon stage, pourquoi j'avais des bleus et des croûtes de partout, si j'avais des nouvelles de mon frère et si le Pôle Nord était intéressant.

Autant dire que je suis mal à l'aise, très mal à l'aise (et pas que parce que ma mère passe du coq à l'âne). Mon père passe son regard de moi à ma mère, comprenant qu'il a un problème ; il décide finalement d'intervenir :

« Est-ce que quelqu'un a besoin d'utiliser les toilettes ? bredouille t-il.

Ahurie, je le regarde et j'entends ma mère pouffer.

- Allons, Antoine, tu sais bien que les toilettes sont bouchées ! D'ailleurs, il faudra aller chez la voisine, tu sais, la vieille mégère à moitié folle, s'il y a un besoin ! Son faible pour ton père nous a aussi permis de manger chez elle quand le four a explosé ! Aloooors, Max, comment se passe ta vie ? As-tu toujours un faible pour ma fille ?

Alors là, je vais m'évanouir. Je jette un coup d'œil à Ethan qui semble se détendre légèrement face aux stupidités de mes parents. Soudain, je sens une main se poser sur mon épaule. C'est sans surprise que je découvre qu'elle appartient à Max, qui me regarde dans les yeux tout en répondant à la question de ma mère.

- Vous me connaissez, Célestine, bien sûr que j'aime votre fille ! Autant que je m'aime... Elle est mon second, mon étoile, ma lumière, mon étole qui me couvre et me donne chaleur dans la nuit... Mais elle est surtout l'Altesse qui règne dans mon cœur, sans raison et sans explications, et je l'aime oui, je l'aime, comme un fou aime sa sœur dans un moment de folie ! déclame Max avec passion.

Je vais de découvertes en découvertes dis donc... ATTENDS QUOI ? Jamais je n'ai eu de relation incestueuse moi !

- Euh, Max, est ce que tu pourrais, juste, tu sais, TE TAIRE ? Je te signale que je ne voulais plus te voir et que je te l'ai répété au téléphone !

- Surtout qu'on est loin de Shakespeare, marmonne Ethan.

Tel un Don Juan blessé dans son orgueil, Max se retourne et empoigne mon patron (et potentiellement petit ami) par l'épaule.

- Qu'est ce que tu dis, le nabot ?

- Je dis, commence calmement Ethan, qu'on est loin de Shakespeare et de sa jolie plume. Pour les relations incestueuses, il faudra aller voir ailleurs, d'autant plus que je ne vais pas te laisser refaire du mal à Amélia. Vu que je ne suis pas chez moi, je ne peux pas te mettre à la porte mais je te conseille fortement de rester calme, d'attraper le livre « Roméo et Juliette » derrière toi et de retourner dans les pattes de ta mère pour refaire le mythe d'Œdipe. Sur ce, lâche moi et éloigne ton haleine de ma face.

Je tombe des nues ! Je rêve ! Non, je fais un cauchemar. Du coin de l'œil, alors que je m'approche de Max pour lui demander de s'éloigner, je vois celui-ci balancer son poing dans la face d'Ethan, bien que je doute qu'il est vraiment capté le message du fils du Père Noël concernant Œdipe.

S'en suit un remue ménage pas possible : j'essaye de m'interposer mais la bagarre déjà annoncée ne s'arrête pas pour autant. Finalement, la vie est peut être bien une comédie romantique. Au bout d'un moment ma mère décide d'intervenir violemment : d'un seul coup, elle sort une énorme cuillère de sa cuisinière et sans rien ne demander à personne, elle saute façon ninja sur Ethan pour commencer à lui donner des grands coups de cuillère à soupe sur les fesses. Une fois que celui-ci s'est arrêté, elle passe à Max, qui essaye encore de frapper Ethan. Sur une échelle de la stupeur commençant à un et se terminant à dix, je pense pouvoir assurer que toutes les personnes présentes dans la pièce sauf ma mère atteignent le chiffre 24.

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