chapitre 28

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Le temps que je me rende compte, l'on m'avait déjà débarrassé de mon bouquet de fleur. Ils viennent avec des chaussures qu'on appelle "ranguers"  plus un habit militaire. Ils passaient leur temps à pousser des cris stridents. Ils me mettent derrière mon mari et il me porte sur le dos. Ils l'ont fait marcher et courir en chantant une chanson bizarre. Franchement ils sont cruels ces types.

Ensuite c'était à mon tour de le porter. Alors là, c'était la catastrophe. Je n'y suis pas du tout arrivée parce qu'il pesait trop pour moi. Alors après cela, ils nous on fait ramper, moi avec ma robe de marié, elle ne ressemblait plus à rien. Ils m'ont meme fait chanter:
"j'aime mon mari ooh
Je ne vais jamais le tromper ohh
Je vais toujours bien m'occuper de lui oohhh"

Je me sentais tellement ridicule. Ensuite ils nous on fait marcher de la mairie à un carrefour pendant un bon kilomètre avec des sacs à dos très lourds. Je me demande ce qu'ils ont mis là dedans.

Après avoir fini de nous manœuvrer correctement, nous regagnons le véhicule des mariés et on nous conduit à la maison d'abord pour que je me change pour le lunch parce que je ne ressemble à rien. J'étais complètement épuisée par leurs manœuvres et j'avais mal partout mais bon c'était une belle expérience.

Une fois dans ma chambre, je prends une douche puis je mets une robe droite qui m'arrive jusqu'aux chevilles de couleur blanche parsemée de brillants sur toute la surface. Un peu comme une robe de mariée. Je mets mes escarpins couleur blanche, puis lorsque j'ai fini j'appelle la maquilleuse. Elle me refait d'abord ma coiffure parce qu'elle n'a pas résisté à la torture. Elle me maquille très légèrement ensuite puis je prends une pochette et j'attends dans la chambre avec Mamou que mon mari revienne me chercher.

Eh oui, je peux dire mon mari à présent. Cela me fait un peu bizarre mais bon je suis la femme la plus heureuse actuellement. Mamou est ma dame de compagnie donc elle m'accompagne partout où je vais. Elle a aussi porté une longue robe simple. Elle a dû laisser mon petit cousin avec son père.

Quelques instants plus tard, un message de mon mari m'informe qu'il m'attend. Je ressors alors suivie de Mamou et nous nous engouffrons dans la voiture direction la réception. Arrivés, il y'avait plein de monde. Nous nous installons à la table d'honneur avec nos témoins et la fête commence. Je vous passe cette partie parce que c'était le trop plein d'émotion. Il y'avait des discours à n'en pas finir puis l'ouverture du bal par mon mari et moi et la coupure du gâteau.

Vers 15h, tout était fini et nous rentrons chacun chez soit. Nous devons finaliser le mariage religieux avant que je ne rejoigne mon mari. Et pour cela, nous sommes allés chez Yaaba. Le mariage religieux se passera là-bas. Arrivée, je suis accueillie par les dames et elles m'emmènent dans la maison de la première femme de Yaaba puis elles me préparent. Elle me mettent du henné puis m'habille avec un habit traditionnel tout blanc plus un voile toujours blanc. Décidément aujourd'hui c'est la journée du blanc.

Ensuite je m'assois au milieu de mon lit avec les filles qui chantent en battant des mains et des calebasses. Je suis dans la même position pendant longtemps et ma mère vient me donner les conseils pour bien m'occuper de mon mari.

-ma fille, le mariage n'est pas une chose que l'on prend à la légère. C'est un engagement à vie avec une autre personne que tu ne connais pas encore. Une personne avec qui tu devrais tout partager. Une personne que tu dois apprendre a connaitre. Une personne qui sera tout pour toi, ton père, ta mère ton conseiller, ton ami. C'est à lui seul que tu dois raconter tes problèmes et même si tout ne se passe pas bien dans ton ménage, tu ne dois te référer qu'à toi même. Tu ne dois pas crier tous tes problèmes sur tous les toits. Demande pardon à ton mari même quand tu as raison, pardonne lui quand il a tord, soit son esclave s'il le faut. Ce n'est que comme ça que tu arriveras à faire durer ton mariage. Il n'est pas question que tu le quitte pour quoi que ce soit pour revenir chez nous parce que à partir d'aujourd'hui ta maison est celle de ton mari. Nous n'avons plus aucun droit sur toi. Tu lui appartiens et tu lui dois obéissance. Ma fille, la femme est le pilier du foyer. Fais en sorte que ça soit le cas. Cet homme, tu l'as choisi toi même parce que tu te dis qu'il est celui qu'il te faut, qui te complète. Moi je n'ai pas eu cette chance avec ton père mais je ne peux pas me plaindre d'avoir été malheureuse. Alors toi aussi, tu n'as pas à être malheureuse. Je compte sur toi.

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