Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
« Que les apparences soient belles car on ne juge que par elles. » Roger Bussy-Rabutin
Chez Naomi - Orange, Newey – 08h00
Le jour de la rencontre se profila plus vite que je ne l'eus cru. Bizarrement, j'étais plus électrisée que stressée par l'échéance. C'était comme si je m'apprêtais à revoir un vieil ami plutôt que comme si j'allais rencontrer une star mondialement connue. L'appréhension et la pression que je m'étais imposée tout au long de la semaine à essayer d'être parfaite, s'étaient envolées. J'étais allée chez le coiffeur, j'avais dévalisé le centre commercial de ses produits de cosmétique et de prêt-à-porter, et je m'étais faite épiler des zones de mon corps probablement encore traumatisées par la douleur inédite. J'étais prête physiquement et mentalement à recevoir Drew Bays.
< Encore une fois, félicitations Agatha Bailey. Votre candidature a bien été validée après vérification de nos agents. Nos gardes du corps déposeront Drew Bays ce samedi aux alentours de dix heures du matin à votre adresse. Nous espérons que vous apprécierez votre rencontre avec Drew Bays.
Veuillez remplir le questionnaire ci-dessous après avoir passé 48h avec la célébrité de votre choix afin de nous aider à rectifier certains points du déroulement de la rencontre. Toute l'équipe de StarFriendShip vous souhaite deux excellents jours ! >
Voilà une nouvelle qui ne pouvait que m'exciter d'avantage. Ma rencontre avec Drew se concrétisait un peu plus avec cet e-mail de confirmation et je ne pus réprimer un sourire impatient.
Je pris le temps de me maquiller et de me parfumer en conséquence. Je ne voulais pas en faire trop et avoir l'air désespérée, mais je voulais vraiment faire bonne impression, paraître à sa hauteur ; ou pas trop loin en dessous.
Je ne tenais plus en place. Une dizaine de minute avant l'heure prévue de son arrivée, je fis chauffer de l'eau, du lait et du café. Je préparai une table de petit-déjeuner digne des plus grands hôtels. Pain, charcuterie, pâte à tartiner, confiture, beurre, croissants, donuts, bacon, œufs, jus, etc. Je ne savais pas ce qu'il avait l'habitude de manger et je ne voulais pas qu'il soit déçu par mon accueil. Je voulais qu'il se sente chez lui, protégé et à l'abri des regards.
Je m'installai devant la télévision et déplaçai la table basse afin de créer plus d'espace pour ma piste de danse improvisée. Je lançai mon clip préféré de Mehila et décortiquai chaque pas de la chorégraphie dans la vidéo. Je rêvais d'être comme cette femme. Tantôt classe tantôt sexy, tantôt femme d'affaire tantôt actrice, tantôt danseuse tantôt chanteuse. Elle était tout ce que j'aspirais à devenir et un modèle de liberté féminine.
Finalement, la sonnerie annonçant la présence de quelqu'un à l'entrée retentit à midi pile. Je tournai la tête d'un mouvement sec vers la porte et restai bloquée. J'étais officiellement en panique. Ma mère descendit en courant et me mit plusieurs petites claques pour me raisonner. Je sentis mon cœur palpiter, et, par réflexe, je portai ma main à ma poitrine. Je pris une grande inspiration et me dirigeai vers la porte qui sonna une seconde fois, pendant que ma mère s'éclipsa par le garage. Je me munis du sourire le plus rayonnant que je pouvais et ouvris la porte. Un homme au teint pâle, très grand et très massif me faisait face. Il avait des lunettes noires et un air sérieux suspendu au visage. Il semblait m'analyser physiquement derrière ses verres foncés.