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« Si le centre est stable, alors la famille est soudée. » Ngugi
Chez Les Heisler - Orange, Newey – 13h10
Le jour de Noël, je me retrouvai chez les Heisler comme la tradition le voulait, cependant, cette année, nos retrouvailles avaient une saveur particulière. La santé d'Athanase jouant sur l'ambiance générale, les derniers mois avaient été particulièrement joyeux et légers.
Au cours du repas, je reçus un appel téléphonique et après m'être excusée, je sortis de table et allai m'isoler.
< - Allo, Naomi ? C'est Clim ! Joyeux noël ! - Oh merci, à toi aussi ! répondis-je heureuse qu'il me porte cette attention. T'as reçu de beaux cadeaux ? - Le plus beau de toute ma vie je crois. Tu te rappelles de ce stage de dessinateur à Kyoto ? Je l'ai gagné. - Pour de vrai ? Mais c'est incroyable ! C'est prévu pour quand ? m'informai-je. - Dans exactement neuf jours. - Neuf jours ? répétai-je ahurie. Ça veut dire qu'on ne se reverra pas à la rentrée ? - C'est ça. Et c'est un séjour de trois mois. > Je pris quelques secondes pour digérer la nouvelle. C'était brutal, mais je ne pouvais pas me permettre de le faire douter ou culpabiliser. C'était son rêve.
< - Tu pourrais passer le jour de l'an avec mes amis et moi ? lui proposai-je. - Ne le prends pas mal Naomi mais je n'apprécie pas trop tes amis. Et je suis certain que c'est réciproque. - On pourrait passer le nouvel an ensemble alors ? - Ça pourrait se faire ça, oui, dit-il la voix enjouée. >
Quand je me rassis à table, Edern avait allumé la télévision. Il avait choisi de laisser tourner une chaine musicale pour maintenir l'ambiance festive. Trois, peut-être quatre, chansons passèrent avant que le nouveau clip de Drew apparaisse.
Des couleurs ternes, un rythme lent, un regard peiné. La chanson parlait d'une personne qui était proche sans nous apercevoir, qui comptait à nos yeux mais sans réciprocité. Drew y analysait la douleur infligée et les différentes manières de la dépasser.
A la fin du morceau, un écran noir apparut. Je pensais qu'il indiquait la fin de la vidéo, mais une page blanche remplaça l'obscurité précédente d'où Drew surgit. Il s'approcha de la caméra, ce fut come s'il essayait de sortir de la télévision, puis il prononça cette phrase : « Quand quelqu'un vous fait du mal à distance, il vaut mieux oublier son existence. NB ».
Je me figeai réalisant le retentissement qu'avaient ces paroles en moi.
Lors de notre voyage en voiture en direction de Belgium pour rejoindre sa grand-mère, Drew avait apprécié une phrase que j'avais utilisée pour légitimer mon ressentiment envers mon père. Ce qui m'épata encore plus que le simple fait qu'il s'en soit souvenu, était qu'il avait signé cette phrase de mes initiales.