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« La vie n'est qu'une longue perte de tout ce qu'on aime. » Victor Hugo
Jamais je n'avais pensé que j'aurais à me coltiner une nouvelle fois l'humeur rétive de Conrad Bays mais je m'étais remarquablement trompée.
- Quand tu dis frère ... Y a une autre définition que je ne connais pas ? m'exclamai-je sous le choc. - Sérieusement ? protesta Conrad.
Conrad leva les yeux au ciel pour réagir au manque de soutien de sa sœur puis partit sans plus de paroles. Sa présence remettait en question tout ce que je m'étais imaginée de mon séjour à Orland Park.
Après avoir longuement soufflé de contrariété, je pris la décision de me montrer correcte envers lui. Je n'avais pas de raison de le haïr et il allait peut-être me surprendre agréablement. S'il voulait sympathiser, nous sympathiserons, mais il était hors de question que je me laisse encore une fois marcher sur les pieds. Il m'avait jugée sans même m'adresser la parole et même lorsque qu'il avait plus ou moins apprit à me connaître, il avait prit un malin plaisir à me détester.
En voyant ma détresse, Trixie se mit à se déhancher en riant aux éclats. Je gloussai en la regardant avant qu'elle ne m'entraîne sur la piste de danse improvisée de son salon. Je ressentais un lien inexplicable qui nous unissait et j'avais ce sentiment au fond de la poitrine que notre rencontre faisait partie d'un plan de l'univers. Tout était tellement juste.
Trixie dressa la table. Je l'aidai tout en lui racontant ce qu'il se passait actuellement dans ma vie. Je lui parlai entre autre du spectacle de danse qui était prévu pour l'été prochain. Trixie fut étonnée de savoir que je pratiquais la danse et que nous prévoyions de nous inspirer de Michael Jackson.
- Quand j'ai appris sa mort, j'étais complètement choquée. Je pensais que cet homme était immortel ! C'était quand même un génie, il a passé toute sa vie à créer et innover des trucs pour notre plus grand plaisir ! C'est le plus grand artiste que notre génération ait connue ! Il était incomparable. Tu l'aimes bien toi ?
Elle enchaînait les phrases à une telle vitesse que je ne pouvais m'empêcher d'émettre un petit rire. Le plus amusant, c'était quand elle finissait son discours. Il fallait que je prenne quelques secondes pour m'assurer que ce qu'elle venait de dire avait un sens puis que je réfléchisse à ce que je devais répondre après avoir trié toutes les informations qu'elle venait de me donner. C'était tout un sport, auquel je devenais de plus en plus douée.
Une fois que nous eûmes fini de manger, Trixie m'emmena dans sa chambre. Etait-il vraiment utile de préciser l'immensité de cette pièce ? Cette chambre était séparée en deux parties. Un coté était une chambre à proprement dit : un espace pour dormir et travailler dominé par un lit à baldaquin. A l'intérieur du lit se trouvait une tablette qui faisait office de télévision, un netbook argenté, un meuble aménagé pour ranger ses livres ainsi qu'une petite table pivotante. A côté, il y avait un bureau avec une bibliothèque. Les livres y étaient rangés par ordre alphabétique des noms d'auteurs. L'autre partie de la pièce faisait office de salon avec un écran plasma et un canapé couleur moutarde en daim qui reposait sur un tapis blanc aux poils fournis.