Chapitre 25

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« C'est de la confiance que naît la trahison

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« C'est de la confiance que naît la trahison. » Proverbe arabe

Chez Naomi – Orange, Newey – 11h44

- Tu plaisantes ? Quoi que je fasse tu me suivais ! ris-je à pleins poumons.
- Mais c'est parce que tu me faisais peur ! Tu faisais deux fois ma taille ! se défendit Benny.

   Mon cousin Benny était venu me rendre visite à la maison et comme à chaque fois que nous nous retrouvions, nous nous remémorions des souvenirs du passé tout en riant. J'avais plaisir à me rappeler du petit Benniño que j'avais connu lorsque j'étais plus jeune.

- Et puis je pouvais te défendre si une gamine de trois ans t'attaquait, c'est ça ? le taquinai-je.
- Ris autant que tu veux mais ça m'est réellement arrivé !

   J'explosai de rire en imaginant la scène.

   Nous nous fixâmes en souriant bêtement en silence, chose qui n'était pas gênante car nous étions tous les deux perdus dans nos pensées. Il fallait que je m'y fasse. Benny n'avait plus rien à voir avec Benniño. Il n'était plus le petit garçon gringalet à qui je pouvais faire croire n'importe quoi.

- Bon, on y va, lança fermement Benny en se levant.
- Bah, on va où ? baragouinai-je embarrassée à l'idée d'avoir été trop distraite et d'avoir raté une partie de la conversation.
- Bah, chez moi, me répondit-il sur le même ton. Pour le déjeuner.
- Attends, j'étais pas au courant !
- Vraiment ? dit-il en enfilant sa veste l'air de rien. C'est possible, ma mère est pressée de te revoir. Et puis tu ne vas pas manger seule ici.

    Benny ne m'écoutait déjà plus et monta directement dans sa voiture. S'en suivit une longue dispute sur le chemin pendant laquelle je lui rappelai le moment où je lui avais strictement fait promettre de ne pas parler de moi au reste de la famille.

   Malgré tout, j'étais curieuse de voir à quoi ressemblait ma tante à présent. La mère de Benny était une petite femme, probablement pas plus haute qu'un mètre cinquante-cinq. Déjà à l'époque, ses cheveux courts prenaient une teinte brune terne et grisonnante. Elle avait toujours été d'une douceur maternelle avec moi, alors qu'elle s'adressait plus durement à son fils.

   La voiture ralentit. Ma tante vivait toujours dans cette petite maison modeste que j'avais connue dans mon enfance. Les pointes de mes lèvres s'étirèrent lorsque je me remémorai les souvenirs que je m'y étais créée avec Benny. Nos longues courses autour de la maison, nos recherches de vers dans le petit potager de tati Dania, etc. Il y avait même encore cette fontaine, à présent aride, où je faisais croire à Benny que je pouvais prédire l'avenir. Je ris en arrivant face à ce bassin. Qu'est-ce que ce Benniño pouvait être naïf.

- C'est bon ... sourit Benny en devinant mes pensées.

   Mon cousin ouvrit la porte d'entrée en m'y invitant. J'eus un mouvement de recul ce qui surprit Benny. Je fus moi-même étonnée par cette réaction indépendante de ma volonté.

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