Chapitre 14

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« La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité

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« La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité. » Rémy de Gourmont

Chez Trixie – Orland Park, Inoa – 09h00

​   Après une courte et tumultueuse nuit, je descendis dans le salon et en ouvrant les fenêtres j'eus le bonheur de m'apercevoir qu'une belle journée ensoleillée se préparait. De beaux et intenses rayons lumineux s'abattirent dans toute la pièce. On pouvait apercevoir des milliards de particules de poussière voler à travers la pièce ce qui rendit l'atmosphère irréelle. Habillée d'un simple pantalon de pyjama et d'un débardeur blanc, je m'assis sur le canapé et allumai la télévision. Je tombai sur une chaîne musicale et me mis spontanément à danser, entraînée par le rythme de la musique. Pour compliquer le tableau, j'avais un bol de céréales en mains et j'essayais de ne pas renverser son contenu en me dandinant. La cuillère entre les dents, je fredonnais la musique qui sortait de ma bouche en un son étouffé.

- Qu'est-ce qu'il ne faut pas voir à dix heures du matin.

   Conrad Rabat-joie Bays venait d'arriver et il avait fait retomber ma bonne humeur d'une manière impressionnante. Voyant là une occasion à saisir pour faire connaissance, je décidai de faire un premier pas vers le frère de ma nouvelle amie. J'éteignis la télévision et me retournai vers lui.

- Tu as, je ne sais pas, une passion dans la vie ? lui demandai-je.

   Il me regarda fixement, droit dans les yeux, le regard vide mais dur, telle une statue de pierre. Les traits de son visage se déformèrent en une expression de tristesse ensuite de rage, puis il se retourna sans réponse à ma question. Confuse et déstabilisée par ce vent phénoménal, alors que je pensais que nous faisions des progrès, je me précipitai devant lui pour exiger des explications que je pensais mériter. La mâchoire contractée, il dévia sa direction et s'apprêta à sortir de la maison. Encore une fois, je lui barrai le passage.

- Tu vas arrêter de faire ton gamin et parler Cobay ? J'ai rien fait pour que tu me méprises autant ! Je comprends pas j'essaie de-
- Ferme-la, Newey ! Tu veux savoir ce qui m'irrite ? C'est toi ! Toi, tout entière ! Je sais que tu es venue dans l'espoir de voir Drew. Les filles comme toi n'ont qu'une chose en tête et sont prêtes à tout pour l'obtenir. Tu as réussi à berner ma sœur mais tu ne m'auras pas, moi.

   Sur ces mots, il attrapa sa veste ainsi que ses clés puis s'enfuit littéralement de la maison.

   M'en voulait-il encore à cause de Drew Bays ou faisait-il référence à son ex qui l'avait utilisé dans l'espoir de côtoyer Drew, comme me l'avait révélé ce dernier. Je n'étais pas satisfaite par la manière dont s'était déroulée la conversation et je ne comptais pas terminer mon séjour sur cette dispute. C'était la dernière journée qui m'était offerte avant que je ne rentre pour tenter de comprendre ou décrypter ce qu'il se passait dans la tête de Conrad Bays.

   Instinctivement, je me dirigeai vers la chambre du jeune homme, comme si j'allais y trouver un quelconque indice qui m'aiderait dans ma quête. En y pénétrant ni conviée ni désirée, je réalisai que je n'étais jamais entrée dans cette pièce.

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