- Si tu veux manger quelque chose mon garçon, il faut que tu ouvres les yeux.
J'entre-ouvre enfin mes paupières, sans avoir dormi, pour me retrouver nez-à-nez avec un bol de soupe.
- C'est de la soupe aux légumes. Après, il y a du gratin et un petit bout de viande hachée. Ne te sens surtout pas obligé de rester, tu peux rentrer quand tu veux, comme tu peux rester ici tant que tu veux.
- Je peux rester dormir ici ce soir, je demande d'une voix mal assurée.
- Bien sûr mon garçon, j'ai une petite chambre d'ami. Je vais aller la préparer.
Nous finissons de manger en silence, puis mon hôte disparaît dans une pièce de l'appartement en m'interdisant de bouger du canapé.
Je prends mon téléphone et remarque dépité qu'il n'a plus de batterie. J'attrape alors un journal posé sur la table basse et le feuillette jusqu'à ce que la grand-maman qui m'héberge, m'annonce que ma chambre est prête.
Je lui souris doucement et lui souhaite une bonne nuit, avant de disparaître dans la pièce. Là, je trouve par miracle un chargeur. Je me presse de mettre charger mon natel et me déshabille. Je m'enfouis dans les draps sentant bon la rose.
J'allume ensuite mon portable et lorsque la photo de fond apparaît, mon cœur fait un bond dans ma poitrine avant de s'écraser contre ma cage thoracique et d'exploser en mille morceaux.
C'est une photo de nos mains unies, un drapeau arc-en-ciel les traversant. Ce n'est pas un montage, nous nous étions réellement peint ça sur les mains, sur l'extérieur et dans les paumes. J'ai l'extérieur en fond d'écran, il a l'intérieur.
J'éteins rageusement mon natel et le jette à mes pieds. Le cordon de la charge le retient un peu, le laissant malgré tout à atteindre le fond de mon lit. Je croise mes mains sur mes yeux, tentant de calmer mes tremblements.
Je finis par me tourner sur le ventre et crier toute ma tristesse dans l'oreiller.
Je crie plus de cinq fois, des cris de désespoir, des cris de peur de me retrouver seul, des cris de peur de devoir vivre sans lui.
Je me retourne ensuite et me remets sur le dos, là, mes mains viennent se reposer sur mon visage et cette fois, les larmes y coulent. Je laisse tomber mes mains le long de mon corps, laissant un ruisseau d'eau salée se tracer jusqu'à mes cheveux.
Je sens mes perles de tristesse couler sur mon visage mais ne fais rien pour les arrêter.
Je tente finalement de fermer mes yeux, sachant pertinemment que je ne dormirai pas.
C'est vers deux heures du matin que je me mets à la recherche de mon natel. Je le trouve et lorsque l'écran de verrouillage m'éclaire de sa photo douloureuse, mes yeux, brûlant d'avoir pleuré pendant plus de trois heures, s'écarquillent sous la lumière.
Je déverrouille mon écran et supprime tous les appels manqués de Gemma et Anne. Mon cœur recommence à saigner lorsque je vois qu'il n'a même pas tenté de m'atteindre.
Je décide de me faire un peu plus mal en allant dans mes galeries. Il me manque trop.
Mes doigts se dirigent seuls sur l'album souvenirs. Ils commencent à faire défiler les clichés, tous plus douloureux les uns que les autres, chacun enfonçant un peu plus leur couteau dans mes plaies. Mes doigts continuent sans s'arrêter, mon cerveau ne les contrôle pas, mon cerveau ne fonctionne plus.
Mes doigts font défiler les photos, de plus en plus vite, me laissant seulement apercevoir les traits parfaits de son visage. Mes doigts font défiler les photos rapidement, orchestrés par le manque qu'il me fait ressentir.
VOUS LISEZ
Breathe
Fiksi PenggemarHarry et Louis se sont rencontrés dans les toilettes d'un bar pourri. Mais qui aurait dit que dans un tel lieu, une histoire si belle commencerait ? Personne... " - Parce que je t'aime Louis. Je suis amoureux de toi. Je ne pourrai pas te laisser. S...
