Chapitre 20.

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Il va m'en vouloir toute sa vie je crois.

Je suis actuellement couché sur le canapé, à essayer de m'endormir sans le corps fragile que je protège normalement toutes les nuits.

Harry m'a pardonné l'histoire du tatouage seulement durant le repas. Après, il s'est souvenu de son ego et depuis, il me fait la tête.
Il me fait tellement la tête qu'il a fermé la chambre d'ami et ma chambre, où il est entrain de dormir confortablement dans mon lit, à clé.

C'est limite si je peux être content qu'il ait laissé le canapé dans le salon.

Il a même pris la guitare avec lui, parce que, je cite : « Il faut que tu réfléchisses à tes actes, plutôt que de réfléchir à comment mettre des notes ensemble, chose à laquelle tu penses déjà toute la journée. »

Bon. Quand je vous disais que je pouvais être heureux d'avoir le canapé...

Le problème dans notre couple, c'est que nous avons tous les deux un ego assez important, que nous voulons sans cesse prouver à l'autre, pour avoir le dernier mot. Toujours.

C'est sûrement pour ça que je me suis levé et que je suis entrain de fouiller dans mon tas de coussins pour retrouver mon cahier et un crayon.

Et que lorsque je réussi enfin à mettre la main dessus, je continue de gribouiller des notes de musique dans les petit carreaux.

La mélodie que nous avons continué un peu plus tôt dans la soirée, avance, gentiment.

C'est vers minuit que je pose enfin ma tête sur l'oreiller, la tête pleine de nouvelles mesures, ravi d'avoir contredit Harry en réussissant à composer sans ma guitare.

Je sens quelqu'un me secouer l'épaule. J'ouvre difficilement les yeux pour trouver la bouille endormie de Harry, qui me tend mon portable. Je le récupère et constate qu'il n'a presque plus de batterie. Super.

Harry me dépose un baiser sur le front et repart se coucher.

Je me lève du lit, mais au moment de me baisser pour récupérer une de mes chaussette, je retiens un gémissement face à la douleur lancinante qui me traverse le dos.
Saleté de canapé.

Je déjeune, prends mon sac et pars à pied au conservatoire.

Durant la journée, je m'assieds au fond de la classe, ignore les regards moqueurs et les jugements de mes camardes, suis les cours, joue mon morceau à la guitare devant ma classe, reçois quelques corrections du professeur,...

Quand la cloche sonne enfin, je me lève et sors de la classe le plus vite possible. Dans les couloirs, je rase les murs et baisse les yeux.

J'ai le malheur de voir arriver en face de moi le groupe du café de d'avant-hier. Je fais demi-tour, mais me retrouve face à Madame Aggadio.

   - Louis, bonjour !

Je la salue et m'apprête à partir, lorsqu'elle m'interpelle à nouveau.

Je me retourne en grimaçant discrètement.

   - Vous avez mal quelque part ?

   - Euh... J'ai des courbatures au dos.

   - Je ne savais que vous aimiez le sport.

Euh... Je vais la laisser penser ça. En plus, ce n'est pas faux, j'aime bien le sport.

   - Et bien maintenant vous savez...

Je la laisse avec cette explication et pars à pied en direction du magasin de sport.

BreatheOù les histoires vivent. Découvrez maintenant