– Allô ? Umi ? Ça va ?
– Mamak (ta maman) ? Demanda Ali toujours assis sur la banquette. Passe-la moi.
– Hadak babak (c'est ton père) ? Ma rahch na'as (il dort pas) ? Mata'teloch ltelefon, ntfeham m'ah belati (ne lui passe pas le téléphone, je parlerai avec lui après).
– Attends abi, elle veut me parler.
Alya entendait plusieurs voix familières au bout du fil parler en même temps, et même quelques cris. Ces voix avaient l'air affolées, voire conflictuelles les unes contres les autres, et donc Alya prise de panique, demandait ce qui se tramait.
– Il se passe quoi ?
– Wahed fdiha ah benti... (Un scandal, ma fille...)
– Il s'est passé quoi ? Vous me faites peur ?
Le père d'Alia, intrigué par la voix chancelante de sa fille, se leva pour la rejoindre, elle, qui se trouvait près du meuble télé. Le regard interrogateur et les sourcils légèrement froncés.
– Bghitak thadri m'a Aya, ou tfahamha bli smo bghat dir, rah machi mzyan ou khatar 'liha (je veux que tu parles avec Aya, et que tu lui fasses comprendre que ce qu'elle veut entreprendre n'est pas bien et que c'est dangereux pour elle). Hdart m'aha walakin mabghatch tsma'ni, maha rah hamqat, ou khoha lakbir rah mzehef kidrab lhet, ou ljiran rahom kayzawgiw hta homa (je lui ai parlé, mais elle ne veut pas m'écouter, sa mère elle s'affole, et son frère est énervé et il frappe contre le mur, et les voisins ils crient eux aussi).
– Mais il se passe quoi ? Elle a fait quoi ?
– Bghat tmchi bohdha lmirikan chi stat chhor (elle veut partir toute seule aux États-Unis pour six mois).
– Mais pourquoi ?
– Chofi m'aha abenti, hak Aya, Alya bghat tahdar m'ak (Va voir avec elle, tiens Aya, Alya veut parler. avec toi).
– Non, non, laissez tomber je changerai pas d'avis, répondit la cousine d'Alya qui refusait de prendre le téléphone.
Après avoir entendu en partie le problème, et qu'il ne considérait là rien de grave impliquant sa femme, Ali quitta le salon pour se rendre dans sa chambre, car il estimait cela comme n'étant pas son problème, et plus il était éloigné des problèmes et de leurs sources, et mieux il se portait. Bien sûr, si on venait à demander son aide, ce serait avec plaisir, dans la limite du licite religieux. On pouvait compter sur lui quand on faisait appel à lui, autrement il n'allait pas chercher les ragots et les litiges concernant des sujets qui lui sont éloignés.
Ainsi, Alya s'était retrouvée seule au salon, et cela l'arrangeait si elle devait parler à sa cousine. Elle attendit quelques minutes desquelles sa mère tentait de convaincre sa nièce de prendre le téléphone. Elle réussit enfin, car déterminée à ne pas abandonner tant qu'Inaya ne prit pas la peine de répondre à sa cousine.
– Sal...
– Quoi que tu dises, quoi que tu veuilles m'en convaincre, ma décision demeurera inchangée.
– Salam 'alayki, alors déjà je suis perdue, et j'ai même pas bien compris la raison du pourquoi on m'appelle. Il se passe quoi ?
– Il se passe que je vis dans une maison de fous. Je dois faire un stage à l'étranger pour la fac, et j'ai choisi les States, mais vas-y ils veulent pas comprendre alors que c'est obligatoire.
– Tu dois faire un stage dès ta première année ?
– Oui, c'est un nouveau programme, ils veulent nous mettre dans le bain dès maintenant, et puis on est très bien pris en charge là-bas, c'est safe (tranquille).
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From Dunya to Jannah
RomanceAlya, âgée de tout juste vingt ans, est une jeune femme douce et aimable. Elle a grandi au sein d'une famille musulmane et pratiquante ; son père est à la fois imam et directeur de la mosquée dans la ville où ils vivent, et elle, elle y travaille à...
