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La tante de Yoongi avait inscrit son neveu dans le même lycée que Jungkook, portée par l'espoir silencieux que leurs destins s'entrelacent, comme des fils invisibles, tissés par la promesse d'un soutien mutuel. Yoongi, quant à lui, avait vu son lien avec Jungkook se renforcer de jour en jour, comme une mélodie qui trouve son harmonie au fil du temps. Jungkook, avec sa bienveillance infinie, comprenait Yoongi sans jamais poser de questions. Il n'était pas comme les autres ; il savait écouter, comprendre, sans forcer, sans juger.

Yoongi se sentait bien près de lui, une sensation qu'il n'avait jamais connue auparavant. Comme un frère qu'il n'avait jamais eu. La chaleur des sourires partagés, les silences apaisants, tout cela l'enveloppait dans une douceur qu'il n'aurait jamais cru retrouver. Ensemble, ils traversaient les matins sombres des cours, ensemble, ils rentraient le soir, les épaules légères, comme si le monde autour d'eux n'existait plus.

Les changements étaient nombreux, certes, mais subtils. Yoongi avait troqué sa coupe de cheveux pour un blond éclatant, un signe de renouveau. Il avait pris un peu de poids, retrouvant une forme qu'il n'avait pas connue depuis longtemps, et parfois, ses rires franchissaient enfin la barrière de ses lèvres, comme des perles égarées retrouvées au fond d'un océan de tristesse. Sa tante, dans sa volonté de voir son neveu guérir, l'avait inscrit chez un psy. Chaque mardi et vendredi, après les cours, il se rendait à ces rendez-vous, toujours accompagné de Jungkook. Peu à peu, les ombres dansaient moins autour de lui, même si, la nuit, les cauchemars le hantaient encore.

Cela faisait déjà un an que Yoongi vivait en Corée. En seconde, il se trouvait à un carrefour où les rêves et les réalités s'entremêlaient. Jungkook, lui, s'apprêtait à franchir la porte de la terminale, avec des rêves d'avocat qu'il nourrissait chaque jour de travail et d'efforts. Quant à Yoongi, l'école était pour lui un monde à part, une suite d'obligations qu'il n'avait pas choisi. Il n'y mettait pas de cœur, ne cherchant qu'à échapper à cette cage de connaissances qu'on lui imposait. Mais une chose persistait dans son cœur : la musique. Le piano qu'il avait trouvé dans la chambre de Jungkook était devenu son échappatoire. Au début, ses doigts effleuraient les touches avec hésitation, mais en l'espace d'une année, il avait appris à jouer, à composer, à laisser la musique le guider, comme un souffle qui portait son âme vers un ailleurs lointain. Une mélodie s'échappait de ses doigts, celle qui, chaque nuit, le ramenait à ses racines, à son passé, à ce qu'il avait perdu.

Un soir, alors qu'il jouait, Jungkook se tenait dans l'ombre de l'encadrement de la porte, écoutant silencieusement. La mélodie se termina, et dans l'écho qui se prolongeait dans la pièce, il éclata en applaudissements, ému, presque les larmes aux yeux.

Yoongi, les mains encore tremblantes de la musique, se retourna en entendant les applaudissements de Jungkook. Un sourire timide se dessina sur ses lèvres, et sans un mot, il invita son cousin à le rejoindre.

- Yoongi ?

- Hmm...Tu te souviens de la promesse que tu m'avais faite ?

- Hmm ?

- Tu te sens prêt à me raconter ?

- Je ne sais pas...

- Tu sais, je ne te forcerai pas.

- Oui, je sais...

Le silence s'installa, doux, comme une brise légère. Ce n'était pas un silence gêné, mais un silence empreint de compréhension, de respect. Jungkook regardait droit devant lui, tandis que Yoongi se perdait dans ses souvenirs, là où les ombres dansaient encore.

- Ça a commencé il y a plus de huit ans...

- Eh... pleure pas si t'as pas envie de me raconter, je vais pas t'obliger...

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