Chapitre 9

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Finalement, John n'était pas si mauvais que ça. Nathan l'avait compris qu'aux bout de quelques jours mais il n'oubliait pas qu'il était son otage et qu'il était surtout un hors-la-loi.
-Mais comment sais-tu cela ?
-À force de voyager, on sait beaucoup de choses et sur beaucoup de personnes.
-Et le shérif dans tout ça ?
-Sûrement mêlé à toute cette histoire et ne doit pas être mieux que lui.
-Hmm, je vois.
-C'est qu'une petite ville de gens minables, pas mieux que Valentine en somme. À part toi.
-Ton compliment me va droit au cœur.
Quelques jours passèrent, John et Nathan n'avaient toujours pas changé d'emplacement. Mais ce qu'ils savaient, c'est qu'ils ne pourraient pas rester là indéfiniment.
Cela faisait une semaine qu'ils étaient ensemble, ou plutôt que John l'avait embarqué de force dans ses aventures aussi dangereuses que palpitantes.
-Nous allons devoir partir Nathan, à Saint-Denis.
-Saint-Denis ?
-C'est exacte.
-Mais pourquoi ? Enfin comment dire, tu n'as pas vraiment l'air d'aimer ce genre de ville. Elles sont infestées par les usines et les gens. Je ne sais pas si c'est vraiment quelque chose que tu recherches.
-Non, mais je dois retrouver quelques personnes là-bas.
-Ta bande ?
-Oui, on s'est séparé après... Tu sais quoi.
-Oui, enfin "braquage" n'est pas une insulte.
-Les murs ont des oreilles Nathan.
-Nous sommes dans une forêt John.
-Bon, sur ce, ramasse tes affaires et prépare ton cheval.
La route allait être assez longue. Saint-Denis était une ville en pleine révolution industrielle. Elle était a la fois aimée pour ses grands progrès architecturaux et techniques, mais à la fois détestait par les autres qui ne supportaient pas de voir des terrains grignotés au profit d'usines qui ne cessaient, à longueur de journée de cracher une épaisse fumée noire. John et Nathan avaient vécu toute leur vie dans, par rapport à Saint-Denis, de toutes petites villes presque minuscules où l'on trouvé pas plus qu'un saloon, parfois un hôtel et un magasin de provisions. Il n'était pas forcément agréable de vivre à Saint-Denis, surtout que la population ne l'était pas non plus. Ils avaient comme un siècle d'avance par rapport aux personnes comme John. Pour eux, les shérifs et les hors-la-loi étaient quelque chose de dépassé. Chez eux il y avait la police et on ne réglait plus ses affaires à coups de balles de revolver. Leur manière de parler était différente, certains parlaient même le français pour être plus chic et plus classe.On trouvait même à l'intérieur de la ville un tramway et de l'électricité pendant qu'à Valentine, on s'éclairait encore à la bougie. Il était alors difficile de vivre là-bas, c'était un autre monde mais qu'ils allaient devoir apprendre à découvrir.

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