La Forteresse ressemble beaucoup à une gigantesque cage, depuis que la grille s’est déployée. Désormais, nul ne peut s’en échapper. Sur le champ de bataille, les baraquements militaires sont tous détruits. Le terrain est divisé en deux parties bien distinctes, deux camps opposés.
D’un côté, les troupes de Suprêmiaou : de moins en moins de karaté-cats, mais plus de lieutenants. Ces derniers, armés de pistolets-à-pelote, ne représentent pas vraiment une menace pour les Canins. En revanche, s’ils tirent sur une aéro-niche, les pelotes s’enroulent autour des hélices. Ce qui provoque la chute de l’appareil.
De l’autre côté, le Commandentier ordonne à toutes les aéro-niches restantes de rester au sol. Les derniers artilleurs descendent donc pour rejoindre leurs alliés. Ils se tiennent derrière les ruines des baraquements, qui forment des remparts, et tirent sur les karaté-cats qui approchent.
Les Bazookaniches attaquent à distance, eux aussi. Leur énorme canon peut bombarder le camp ennemi et faire de très gros dégâts ! Bientôt à court de munitions, le Commandentier se repose un peu. Sa dernière bataille remonte à plusieurs mois. Essoufflés, les soldalmatiens et les sabradors en font de même.
L’armée de la Révoltruffe gagne progressivement du terrain, même si la bataille est encore loin d’être terminée…
- Dernier étage, annonce la voix de synthèse de l’ascenseur.
Aussitôt, l’Amiral Cabos appuie sur un bouton et les portes restent fermées. Le berger allemand en profite pour prévenir son escadron d’élite :
- Vous vous souvenez que des gardes nous attendent sûrement, derrière ces portes. Sauf que, sans mon sniper-à-croquettes, je ne vous serai d’aucune utilité. En plus, Firat m’a blessé, lorsqu’il m’a projeté au sol. (Il prend le badge spécial puis poursuit :) Je vais rester ici, pour me reposer un peu. Je me tiens prêt à démarrer l’ascenseur dès que vous reviendrez.
- Pourtant, intervient le Général Cocker, tu voulais te venger de Suprêmiaou.
- C’est le cas. Mais, dorénavant, c’est à vous que je confie cette tâche. (Cabos regarde chaque membre de l’escadron d’élite, avant d’ajouter :) Je ne vous donne qu’un seul ordre : éliminez Suprêmiaou ! Pour la Révoltruffe !
- Pour la Révoltruffe ! clament les trois autres Canins, tous en même temps.
L’Amiral appuie sur un bouton et les portes s’ouvrent. Le reste de l’escadron d’élite avance dans le couloir principal : Mentalos en tête, Falcon-Dog au centre, Cocker à l’arrière pour couvrir le groupe. Pourtant méfiant, l’escadron ne croise pas le moindre garde sur plusieurs mètres.
- Restez très vigilants, souffle le Général sans lâcher son pistolet-à-pelote. Même si nous n’avons pas repéré de garde, cet endroit est sûrement truffé de pièges…
L’escadron d’élite progresse toujours, sans relâcher sa concentration. Soudain, Falcon-Dog repère une autre caméra. Cette fois, il s’arrête et murmure :
- Encore une caméra ?
Ses deux alliés s’arrêtent aussitôt. Grâce à ses pouvoirs, Mentalos arrache la caméra de son support et la fracasse contre le sol. Simple précaution.
- Comment ça « encore » ? relève le Général Cocker. Tu en as vu une autre ?
- Au rez-de-chaussée, avoue Falcon-Dog. Mais on était pressés et je n’étais pas sûr. (Le cocker affiche un regard terrifié.) J’aurai dû vous avertir ?
Cocker ne prend même pas le temps de lui répondre : il fait demi-tour et se met à courir. Dix mètres plus loin, un bruit métallique retentit et le Général annonce :
- Il y avait une autre caméra. Je viens de la détruire. (Il revient vers Mentalos et Falcon-Dog.) Il doit y avoir beaucoup de caméras dans ces couloirs, je n’avais même pas pensé à ça. J’imagine que… Suprêmiaou sait où nous sommes.
- Il doit nous attendre, déduit Mentalos. Mais pas tout seul, c’est certain. Il ne prend aucun risque.
- Je suis d’accord avec toi. Mais pas d’inquiétude : on se tiendra prêt !
- Est-ce que Suprêmiaou nous a vu combattre Firat ? demande Falcon-Dog.
- C’est probable, répond Mentalos. Il a dû suivre notre parcours depuis que nous sommes entrés dans les couloirs. Grâce à ses caméras.
- Peu importe : on ne peut plus faire marche arrière, conclut le Général Cocker. L’Amiral nous a donné l’ordre d’éliminer Suprêmiaou et nous allons lui obéir. Continuons d’avancer !
Sans perdre son courage, l’escadron d’élite se remet à avancer dans le couloir.
Pendant ce temps, dans son bureau, le chef suprême des félins est en train de consulter sa nouvelle tablette numérique. Mais cette fois, ce n’est pas pour voir les conquêtes de territoire : Suprêmiaou surveille l’escadron d’élite ! En effet, grâce à toutes les caméras placées dans les couloirs, il a pu suivre leur parcours depuis son bureau. Un écran de contrôle est retransmis sur sa tablette pour chaque appareil de surveillance. En revanche, Mentalos et le Général Cocker ont découvert les caméras et les désactivent sur leur chemin, au fur et à mesure.
Le chef suprême des félins ne peut donc plus les voir, même s’il devine facilement où se trouvent les Canins à chaque fois qu’une caméra est désactivée.
Parmi tous les écrans de contrôle affichés sur sa tablette, Suprêmiaou sélectionne celui de l’ascenseur où se trouve l’Amiral Cabos. Une caméra lui permet de voir l’intérieur de l’ascenseur. Tout en gardant un œil sur Cabos, le félin appuie sur un bouton de sa tablette et ordonne :
- Gardes n°15 et n°16, partez en direction de l’ascenseur. Une fois là-bas, vous suivrez mes instructions…
Un peu plus tard, l’escadron d’élite avance toujours dans le couloir principal.
- Pas le moindre garde, souffle le Général Cocker en fronçant les sourcils. Très étrange, tout de même.
- C’est plutôt bien, non ? interroge Falcon-Dog.
- Je ne sais pas. Moi, ça m’inquiète…
Quelques minutes plus tard, un coup de feu éclate loin derrière l’escadron d’élite. Aussitôt après, un hurlement retentit.
- C’était la voix de l’Amiral ! s’exclame Cocker, en se retournant. Je dois aller le rejoindre au plus vite.
- Il ne faut pas qu’on se sépare ! conteste Mentalos.
- Sauf que notre chef n’a plus aucune arme sur lui et il est blessé. (Le Général Cocker se met à courir et lance à ses alliés :) Continuez d’avancer sans moi et éliminez Suprêmiaou !
Malgré son désaccord, Mentalos obéit et poursuit son chemin, suivi de Falcon-Dog. Les deux super-chiens restent attentifs au moindre bruit qu’ils entendent.
Enfin, après quelques pas supplémentaires, l’husky murmure :
- C’est bon, Falcon-Dog : voilà la porte du bureau de Suprêmiaou…
Sans faire de bruit, les deux Canins se plaquent au mur, chacun d’un côté de la porte. Après une inspiration, Mentalos ouvre la porte et entre avec Falcon-Dog.
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Falcon-Dog
PetualanganAidé par ses acolytes, un super-chien aux pouvoirs de glace tente de renverser l'empire des félins.
