Thranduil

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Here you are, at last.


La Forêt Noire s'était parée des couleurs vives et chatoyantes de l'été, elle incitait tous ses habitants à profiter des quelques rayons ensoleillés qui passaient ses feuillages. La reine avait entraîné une compagnie d'elfes à l'extérieur du royaume quelques heures plus tôt pour répondre à cet appel de la nature, un sourire aux lèvres. Ils avaient passé toute la journée au grand air, et rentraient emplis d'une bonne humeur contagieuse et d'une fatigue bienveillante.

(T/p) revenait de leur chasse fructueuse et se délectait à présent de ce bref moment de solitude sur le chemin de ses appartements. Elle se promenait entre les longues colonnes tortueuses du royaume souterrain, rêveuse. Ses muscles endoloris allaient bientôt se relaxer dans un bain tiède au parfum floral, et ses cheveux retrouveraient leur coiffure formelle qui avait été défaite au cours cette longue traque. Elle retirerait son habit de chasse pour se laisser draper dans une robe soyeuse et légère, plus adaptée aux températures estivales.

- Votre Majesté.

Ses suivantes s'inclinèrent à son entrée, et (T/p) leur répondit avec bonne humeur :

- Bonsoir à toutes. 

- Le roi nous a demandé de vous remettre ceci, s'avança l'une d'elles. Il désire également que vous vous joigniez à lui pour le repas. 

- Je vous remercie. 

Elle replia ses doigts sur le papier fin qu'on lui tendait, à la fois intriguée et surprise par cette attention. Elle leur fit signe de la laisser, se débarrassant de sa tunique et guêtres par elle-même avant de se glisser avec plaisir dans l'eau tiède de son bain.

Ce fut seulement quand elle sentit l'onde de chaleur la relaxer de part en part que l'elfe poussa un soupir de contentement, et ferma les yeux un instant. Mais elle n'oublia pas le message de Thranduil qui reposait sur son linge propre, et qu'elle saisit avec curiosité. Ils ne s'étaient pas vus de la journée, trop pressée qu'elle avait été d'organiser une escapade en forêt. C'était à présent qu'elle se rendait compte que sa présence lui avait manqué et qu'elle aurait aimé qu'il puisse de défaire de ses obligations pour partir avec elle.

(T/p) déplia le message soigneusement rédigé, de plus en plus curieuse. Ce n'était pas dans les habitudes de son époux de lui laisser des mots doux. Son affection se traduisait plutôt par de discrètes attentions, ou des gestes tendres parés d'un regard brûlant. 

Elle eut plaisir à découvrir son écriture raffinée, et rougit même devant les mots qui s'adressaient à elle :

Ma reine,

Je dois te prévenir : cette lettre commence par un reproche. Tu n'étais pas à mes côtés aujourd'hui. Toi qui m'es tellement indispensable, tu n'étais pas là à mon réveil. Je suis un mari délaissé et je dois t'avouer que je n'aime pas cela. Je n'aime pas quand tu n'es pas près de moi.

Et pourtant, tu étais présente dans la moindre de mes pensées, à chaque instant que je passais loin de toi. Je le devine aisément, tu devais profiter de ta chevauchée avec passion, toi qui aime tant les réjouissances apportées par le beau temps. J'imagine que je peux bien te partager un peu... La prochaine fois, nous irons ensemble dans les bois.

Tu dois t'étonner de ce message. C'est vrai, je n'ai pas l'habitude de m'épancher sur le papier ni davantage en public. Mais je crois que ton absence, si courte et pourtant interminable, m'a poussé à le faire. Tu m'as souvent dit aimer les chants, la poésie... J'ai donc essayé d'écrire car toutes mes pensées me ramenaient à toi. Je te serai gré de ne pas rire de mes efforts ! Un roi devrait se concentrer sur ses affaires mais j'ai passé bien trop de temps à tenter de composer quelque chose pour toi. J'ai voulu te faire plaisir. Et te surprendre, aussi, toi qui fais ma joie.

Imagine in Middle EarthOù les histoires vivent. Découvrez maintenant