Chapitre 5

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Draco attend patiemment que la semaine passe, dans une sorte de routine habituelle. Il ne dort finalement dans le dortoir que trois nuit, en passe deux à la bibliothèque, et dort dans le couloir le reste du temps. Ou sur sa pause déjeunée.

Jusqu'à ce soir-là, où Harry Potter et sa clique sont définitivement partis, et qu'il est à la recherche d'un lit disponible dans les cages d'escaliers. Il croise brusquement, en se retournant, la bougie et le visage d'une fille de l'autre côté.

C'est la fille que connait Theodore. La Manticore. Elle le dévisage longuement, visiblement prise de cours, et il demande sans préambule :

- C'est toi, qui habite à la chambre 27 ?

- Possible, pourquoi ?

- Comment tu rentres dans ta chambre à cette heure-là ?

- Si j'avais le moyen de le faire, pourquoi je te le dirais ?

- Parce que ça pourrait être utile ?

- Pas si on me met dehors à cause de toi, réplique-t-elle en fronçant le nez et les sourcils.

- Et si je te paie ?

- Non plus.

- Une Mornille ?

- Je ne l'aurais pas fait pour une citrouille, alors pour une Mornille... ! Dis-moi, tu as une bourse, toi, non ?

- Oui.

Il plisse les yeux gris, insatisfait du tournant de la conversation. Il ne connait pas son nom. Et elle n'est pas particulièrement belle. Mais elle a les yeux brillants, et elle est très expressive. Il peut la lire comme un livre, mais s'en méfie, parce que ça peut être la caractéristique d'une personne qui n'a pas pour habitude de rester sur une idée. Et il ne supporte pas les girouettes.

- Alors tu ne le sais peut-être pas, pas les frais de scolarités dépendent des notes que l'on a eu dans l'établissement précédent, ou l'année précédente, dans mon cas, puisque c'est ma deuxième. Ce qui veut dire que puisque je ne suis pas allée au lycée, j'ai eu des frais exorbitants l'année dernière, que je rembourse encore. Excuse-moi de ne pas avoir envie de me faire virer avant d'avoir fini de payer ceux de cette année !

Leur dispute à voix basse lui donne des envies de soupirs. Là, par contre, il apprécierait qu'elle revienne sur sa décision.

- S'il-te-plaît, les seuls moments où je peux étudier dans la bibliothèque, c'est quand personne n'est dedans, et je ne peux pas étudier la nuit sans avoir à dormir dans les couchettes pleines de poussières.

Ce n'est pas qu'il tient au peu de confort qu'il a, mais quand même. On lui a déjà volé ses affaires, une fois qu'il dormait là. Et si elle a des escapades nocturnes pour aller dans la bibliothèque aussi, ce qu'il pense au vu des livres qu'elle a dans les bras, elle doit pouvoir comprendre ça.

- Tu ne peux pas à cause du bruit des autres, ou à cause du bruit que tu engendre ? demande-t-elle acerbe. Parce que c'est aussi à cause de toi que je ne peux pas aller dans la bibliothèque en journée. Je ne sais jamais quand tu vas y être, et c'est impossible de travailler avec le boucan que tu génère.

Il détourne les yeux. Les autres ont toute la journée pour étudier. Et lui n'aurait pas le droit de faire pareil ? Déjà qu'il s'arrange pour ne déranger personne, qu'il ne vient dans la bibliothèque qu'aux heures de repas, quitte à louper les siens, et qu'il cause peu de problèmes autrement que par sa simple présence... la solution définitive serait qu'il disparaisse de l'université, mais pas d'études, pas de travail, et il en aurait terriblement besoin d'un.

Un temps pour apprendreOù les histoires vivent. Découvrez maintenant