Le front appuyé contre la vitre du train Moldu, Draco prend son mal en patience, conscient de ruiner ses maigres économies pour aller voir une mère qu'il n'a prévenue de son arrivée qu'à son départ. Ce qui est une faute énorme, si l'on considère dans quel genre d'éducation il a grandi.
Il griffonne de longues heures pendant son trajet, comme ses attentes de correspondances, profitant de cette encre bleue à laquelle il trouve un certain charme, au fil des pages écrites sur ces feuilles à dessin épaisses, les seules sans ces carreaux étranges, et qui ne risquaient pas de faire traverser l'encre, à la mauvaise qualité de la chose.
La voix sortant de l'interphone ne le fait plus sursauter au bout de la deuxième journée, et il pense sérieusement faire échanger sa dernière Mornille pour le restant de ses emplettes, quand il arrive à la dernière gare. Après tout, une fois ses billets payés, il ne lui reste plus de grosses dépenses, si ce n'est en nourriture, et pour les deux hôtels réservés, les moins chers du guide touristique qu'on lui a donné à la gare routière sorcière de la faculté.
Quand il arrive devant la maison, son bagage en main, il remarque avec peine que l'endroit est aussi lugubre qu'il ne l'avait pensé, et frappe trois fois, avant de se raviser.
Une femme au teint vert lui ouvre, les cheveux plus blancs que ceux qu'il a sur la tête, et elle lui demande, la voix grinçante :
- Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
- Je viens voir ma mère, dit-il. Narcissa Malfoy.
Il est présentable comme on l'attendait de lui à une époque : chemise impeccable, costume complet, et cheveux tirés en arrière. Chez les Moldus, on aurait dit qu'il est « tiré à quatre épingles », mais pour l'aristocratie magique, il ne s'agit que du « bon appareil ».
- Tiens donc. Son fils n'est pas à Azkaban avec son mari ?
- Non. Il n'y a que les criminels, qui y vont, répond-il sur le même ton.
La vieille chouette hausse les sourcils, et grogne quelque chose, avant de lui claquer la porte au nez. Il hésite cependant à toquer à nouveau, pensant à ce qu'avait dit Helena sur le fait de vouloir dépasser les limites posées.
Sa patience est récompensée par le sourire radieux de sa mère, qui lui rouvre la porte en le tirant à l'intérieur pour l'enlacer.
- Mais que fais-tu là, mon chéri ? demande-t-elle en l'examinant de la tête aux pieds.
D'un coup d'œil, elle peut dire qu'il dort peu ou mal, et qu'il n'a pas très bien mangé ces derniers jours. Mais comparé à la tête qu'il avait la dernière fois qu'ils se sont vus, le lendemain de son procès, et juste avant qu'il ne parte à l'université, elle en déduit qu'il va mieux.
Lui quant à lui ne peut pas voir si sa mère a changé. Son sourire heureux de le voir a toujours eu le don de masquer tous les manques et toutes les peines.
Il l'enlace tendrement, posant sa joue contre le sommet de son crâne.
- Comment vous allez ? demande-t-il. Comment vous vous sentez ? Comment c'est, ici ?
Il n'a pas envie de savoir. Mais la curiosité prend le dessus. Il veut être sûr que sa mère n'est pas tombée dans un trou sordide, ou dans quelque chose d'approchant.
- Tout va bien, mon grand, lui dit-elle en passant sa main sur la joue de son fils. Mais dis-moi, tu as mangé avant de venir ? Le voyage n'a pas été trop long ?
Le souci du transplanage est simple : il faut connaître la destination, ou y être déjà allé pour un transplanage réussi. Il n'a donc besoin de ne faire que l'aller en transports en tous genres, et de revenir à la gare près de l'université via le transplanage. C'est aussi simple que de réciter l'alphabet.
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Un temps pour apprendre
FanfictionLivre Ier Draco passe invisiblement ou presque dans la faculté de magie Corners, avec pour objectif de passer une licence en Littérature, pour faciliter l'écriture d'un premier projet d'après guerre. Son plus gros soucis est d'arriver à l'heure sans...
