A la suite de cette conversation, Helena a tout bonnement disparu deux semaines durant. Si Draco ne semble pas se formaliser de cette absence, elle empêche presque Theodore de dormir.
Il arpente les couloirs en fin d'après-midi, prêt à aller se coucher, en profitant du sommeil qui le gagne, lorsqu'il la croise. Elle est adossée au rebord de la fenêtre ouverte, dos au vide, immergée dans le livre qu'elle tient dans les mains.
Le sorcier s'avance vers elle d'un pas décidé, et lance :
- Qu'est-ce que tu veux.
Elle relève la tête vers lui.
Ils savent tous les deux que la chambre de l'héritier Malfoy est à cet étage, et c'est peut-être même la raison pour laquelle ils sont tous les deux attirés ici sans y penser.
- Bonjour, Theodore.
- Laisse-le tranquille, Helena, je ne sais pas ce que tu veux faire, mais...
- Ne fais pas semblant, Theo. Pas avec moi. Nous savons tous les deux que son sort ne t'intéresse pas tant que ça.
Il déglutit difficilement, amer.
- Ce n'est pas vrai.
- Oh, alors dis-moi. Depuis quand tu es sincèrement inquiet pour lui ? Et ne me sors pas la chanson de l'ami qui croit au repentir, lâche-t-elle froidement.
L'étudiant se sent comme si elle lui lançait un sort silencieux, un de ceux qui immobilise et terrorise le sujet qui en est victime. Mais il sait tout aussi bien qu'elle ne peut pas être l'auteure d'un méfait pareil. Tant qu'il ne l'attaque pas, elle ne le fera pas non-plus.
D'un autre côté, s'il tente quelque chose, serait-il de toute façon suffisamment rapide pour ne pas être touché par des représailles ? Il en frissonne.
Si une chose l'immobilise de la sorte, ce ne peut être que l'air intimidant qu'elle se donne, à moins que ce ne soit l'air véritable qu'elle cache derrière ses livres et son indifférence.
Elle se décolle du mur et fait un pas vers lui.
Theodore la regarde faire, tétaniser.
- Qu'attends-tu de moi, Theodore Nott ?
Il réfléchit sans avoir la moindre piste de réponse à donner. Non pas qu'il n'ait pas d'excuse à inventer, ou qu'il n'a pas assez ruminé pour la confronter. Non, il était prêt.
Non. Il croyait qu'il l'était.
D'un regard Helena lui fait comprendre que la légitimé qu'il croyait mettre dans ses actions n'a aucun sens. Pire, qu'il n'en n'a pas la moindre trace. Il n'a pas le droit de prendre position, de dire quelque chose, de se plaindre, de confronter. Il a trop de torts en la matière pour ça. Après tout, depuis quand se soucie-t-il sincèrement de Draco ? Sûrement depuis trop peu de temps pour justifier un comportement pareil.
Les yeux de la sorcière se mettent à luire, et il les fixe soudain, hypnotisé.
- Tu ne sais pas ce que c'est, Theo. Tu ne sais pas ce que c'est de devoir sortir du trou qu'on a creusé pour toi tout seul. Lui, si. Et c'est ce qui m'intéresse. Il est intéressant. Les gens qui survivent le sont souvent. Surtout quand leur existence leur donne la rage de vivre. Tu ne peux peut-être pas comprendre, tu as peut-être été protégé de votre guerre. Mais pour ceux qui manquent de mourir aussi facilement, ou qui ne devraient plus être là... les gens normaux sont fades. C'est peut-être malsain. Mais je suis comme ça, termine-t-elle un brin agacée.
Elle marque une courte pause avant de demander plus sèchement, rouvrant son livre :
- Un autre grief ?
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Un temps pour apprendre
Fiksi PenggemarLivre Ier Draco passe invisiblement ou presque dans la faculté de magie Corners, avec pour objectif de passer une licence en Littérature, pour faciliter l'écriture d'un premier projet d'après guerre. Son plus gros soucis est d'arriver à l'heure sans...
