Chapitre 35

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Au bout d'une semaine, le sorcier doit chasser ses courbatures avec des crèmes, ses bleus avec de la glace, et recouvrir ses coupures aux doigts ou aux bras avec des pansements moldus pour enfants. Et tout en maudissant le crocodile décollant qu'il a sur la main droite, il ouvre un énième paquet, et ses yeux se remettent à briller.

- Qu'est-ce que tu as trouvé, cette fois ? demande la sorcière, qui a abandonné l'idée de l'aider à les ouvrir, trop éblouie par sa bonne humeur à l'ouverture de trésors.

A la place, elle déplace les meubles, les piles de bazar, et trie ce qu'il laisse de côté.

- Rien de très spécial. Mais cette boite est superbe.

C'est une boite en métal forgé, dont les panneaux sont en verre, et qui, pourtant, ne laisse pas entrevoir ce qu'il y a à l'intérieur. Il s'apprête à l'ouvrir quand elle rabat brutalement sa main sur le couvercle.

- Ne l'ouvre pas. Il y a un objet maudit à l'intérieur.

La gorge de Draco se noue, et il songe soudainement au collier, qu'il avait envoyé pour Dumbledore... et qui avait ensorcelé cette pauvre fille. Nauséeux, il se relève et s'éloigne de la table.

- Tu ne te sens pas bien ? demande-t-elle en le suivant, inquiète.

Elle attrape son visage avant qu'il n'ait eu le temps de répondre, et l'examine, concentrée au point de ne pas le voir secouer la tête et tenter de la rassurer. Quand elle est certaine qu'il n'est pas maudit, elle le relâche en soupirant. Entre temps, le sorcier s'est figé, parcouru d'un fourmillement désagréable. Elle finit par marmonner :

- Méfie-toi des cadeaux qu'on m'envoie. Tout le monde ne m'aime pas, ici.

Il note la facilité avec laquelle elle lui donne cette information, et pince les lèvres.

- Tu as un métier vraiment dangereux.

Elle se tourne vers lui, surprise.

- Tu crois ? demande-t-elle. Le plus difficile, tu sais, ce n'est pas d'être ici. C'est de se battre à l'extérieur.

Draco secoue la tête.

- Je ne comprends pas pourquoi ils envoient une personne de ton âge et de ton expérience à la mort comme ça. Je ne pourrais pas y aller. Et si ce n'était pas toi, quelqu'un d'autre s'en chargerait, non ?

Il relève la tête :

- Sérieusement ! Tu ne peux pas juste faire tes recherches ? Elles, elles ne risquent pas de te tuer par accident, au moins, se plaint-il en balançant la boite en verre dans un carton de choses à jeter.

Lui qui la trouvait jolie ne lui accorde plus la moindre valeur, à présent. Et si la boite grince, il ne s'en préoccupe pas. Le rire cynique d'Helena le sort de sa rêverie.

- Me tuer par accident ? Rien ni personne d'autre que moi ne risque de me tuer par accident, Draco. Mes expériences me tuent petit à petit. Je ne sais pas si je serais capable de vivre vieille, quand je vois que mes échecs sont difficiles à supporter pour mon corps. Tu n'avais pas remarqué ? Quand il faut me ramasser à la petite cuillère, au coin d'un couloir, sur ma table de travail, quand je peine à tenir debout, ou même à respirer, tu crois que ça n'aura pas la moindre incidence sur mon corps, à long terme ?

Le sorcier la regarde sans comprendre. Mettre sa vie en jeu est une chose qui le dépasse, encore maintenant. Surtout qu'elle ne parle pas de mourir en héros, ou de sauver le monde en secret. Elle ne parle que de magie, et d'avancées dans le domaine. Une chose dont le monde pourrait se passer, si l'on considère qu'elle ne partage même pas le dixième de ses recherches.

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