Livre Ier
Draco passe invisiblement ou presque dans la faculté de magie Corners, avec pour objectif de passer une licence en Littérature, pour faciliter l'écriture d'un premier projet d'après guerre. Son plus gros soucis est d'arriver à l'heure sans...
L'Envie. A force d'y réfléchir, Draco ne sait même plus à quoi il pense. Les vacances sont presque à sa porte, et il n'a pas encore la moindre idée de comment s'arranger pour se loger durant cette période.
Il se demande même s'il ne devrait pas demander à Helena si le Ministère n'embauche pas, ce qui serait...
- Tu fais quelque chose, cet été ?
Il sursaute, regarde la sorcière, et se demande rapidement si elle n'est pas sortie de ses pensées :
- Non. Pas spécialement, pourquoi ?
- Je cherche quelqu'un à embaucher pour faire du tri. Dans mon bureau. Je paye.
Il la dévisage un moment avant de soupirer :
- Mais tu es vraiment riche, ou quoi ?
Helena rit doucement :
- Je règle des problèmes dont personne ne veut entendre parler, et je touche des primes à chaque fois que je maîtrise avec succès une créature jugée dangereuse même pour les sorciers. Bien sûr, que je suis riche. En plus, j'ai placé de l'argent. Je ne suis pas mauvaise en finances, tu sais ?
Draco hausse les sourcils.
- Tu m'en diras tant. J'ai appris à compter mon argent à la fin de la guerre, bougonne-t-il. Alors question finances...
- C'est pour ça que je précise. Ça va être les pires vacances de toute ta vie, mais je les paye.
- Pourquoi avoir besoin de payer un coup de main, dit-il avec désinvolture.
Elle s'arrête, passe sa carte devant une poignée et tire la porte vers elle.
- Il suffit de demander, tu-
Il s'arrête net, les yeux trop écarquillés pour ne pas être surpris, et tourne la tête vers elle au moment où elle referme la porte. L'encadrement peine à supporter l'amas d'objets coincés derrière, qui tiennent dans un miracle absolu d'assemblage, et dans une logique à toute épreuve, le tas de... bordel que cette pièce cache.
- Mais... c'est pas l'entrée ? demande-t-il alors qu'elle reprend sa marche.
Helena hoche la tête.
- Si, si. L'une des trois, et heureusement pour moi ! Il faut que je range. Et s'il le faut, que j'agrandisse la salle.
- Mais elle te sert de quoi, cette salle ?
Elle se tourne vers lui, comme si la question était dérisoire.
- C'est mon bureau, à la Commission.
- ... pour quelle taille de pièce ?
- L'infirmerie ? Nous sommes censés être trois, à cet endroit, d'où le nombre de portes, mais comme j'ai pris pas mal de place et que personne ne veut bosser avec moi, j'ai l'espace pour moi toute seule.
Elle continue d'expliquer, dans une tentative peu convaincante, et de raconter comment les dernières tentatives d'équipes avaient échouées, et elle termine par cette phrase, qui le fige sur place :
- Enfin, s'il n'était pas mort, c'était un moindre mal.
- Il a tout de même faillit se faire avaler vivant par un serpent géant, essaie Draco de temporiser.
- Il n'avait pas la carrure pour une mission de cette envergure, il n'aurait pas dû venir. Pas mettre sa vie en jeu, et encore moins celle des autres. Je ne supporte pas ceux qui ne comprennent pas la valeur de leur vie. Et qui tentent le diable pour rien.
Draco s'arrête, indécis.
- Tu veux dire qu'il aurait mieux valu qu'il reste chez lui ? Sans rien faire ? Et qu'il ne vienne pas t'aider quand tu en as fait la demande urgente ? Mais s'il n'avait tout bonnement pas réfléchi ? Et qu'il était venu, sans penser qu'il mettrait sa vie en danger ?
Elle s'arrête en soupirant :
- Dans ce cas, il n'était pas fait pour un métier qui demande d'avoir la tête froide, et de savoir faire des choix.
Helena reprend sa marche, et il la fige :
- Alors sa vie n'avait pas de valeur ?
Elle se retourne vers lui, en colère.
- Tu n'as pas compris un traitre mot de ce que j'ai dit, rétorque-t-elle furieuse. On ne joue pas avec sa vie, surtout quand on risque de la perde. Je ne voulais pas de son aide, s'il n'était pas certain de rentrer vivant. Il n'y a pas de bien plus précieux que sa propre vie, Draco, et je ne supporte pas ceux qui sont incapables de s'en rendre compte.
Elle ne réalise pas que son souffle rapide s'écrase sur le visage du sorcier, qui n'est qu'à quelques centimètres d'elle, ni que ses yeux luisent, ou que le parquet craque. Draco, lui, le sent. Il sent cette magie volatile autour d'elle, et l'aigreur qu'elle transmet.
- De la manière dont tu en parlais, on aurait entendu tout le contraire, dit-il pourtant, à demi-effrayé par ce changement brusque d'humeur.
Elle semble perturbée par cette réponse et fait un pas en arrière, en détournant les yeux.
- Non, ce n'était pas ce que j'étais en train de dire. Je ne pourrais pas dire une chose pareille.
Sa voix n'est qu'un murmure et elle fait demi-tour sur le parquet grinçant, le doigt sur les lèvres, et les sourcils froncés.
Draco expire lentement l'air qui était jusque-là bloqué dans ses poumons faiblards, et se passe une main sur le front, éberlué. Helena ne s'est jamais mise en colère contre lui. Et il ne l'a jamais vue faire cette tête-là. Elle avait l'air blessée qu'il ne comprenne pas, et qu'il insinue le contraire de ce qu'elle disait.
Mais d'un autre côté, il n'y est pas allé par quatre chemins, et sa réponse courageuse aura eu le pouvoir de le sortir de là. Un peu plus, et elle l'étouffait avec ce nuage de rage autour d'elle, sans sourciller.
Il se décide en une fraction de seconde, dans une urgence folle, de lui courir après pour lui dire :
- Et sinon, pour cet été, je suis disponible. Pour t'aider. Avec ton bazar.
Elle le regarde avec intrigue, sans comprendre ce qu'il fait ici avant que deux neurones ne se touchent, et lui rappellent que c'est avec lui qu'elle parlait, à l'instant. Elle secoue la tête pour reprendre ses esprits.
- J'ai crié ? Je suis désolée.
- Oh, tu ne fais pas si peur que ça, tente-t-il, tu es simplement très effrayante. Mais ça ne m'empêche pas d'être là si tu veux toujours de mes bras pour ton bureau.
Elle sourit rapidement, avant de l'effacer derrière une mine contrariée par il ne sait quoi.
- Merci. Si tu veux, je peux venir te chercher le soir où les chambres de dortoir ferment. Histoire que tu n'aies pas de logement à chercher pour l'immédiat.
Il ne sait pas s'il doit être flatté de l'attention, ou vexé qu'elle le sache dans une situation précaire, alors dans le doute, il la remercie sans rien montrer de sa confusion :
- D'accord. On se retrouve samedi matin, alors.
Elle hoche la tête, et ils reprennent leur marche.
Draco finit par demander, curieux :
- Mais ce gars... il est toujours vivant ?
L'étudiante plisse le nez, comme prise dans un mauvais souvenir, qui lui aurait flashé à l'esprit.
- Il ne marchera plus comme avant, et il en a gradé de grosses cicatrices, mais oui, il est vivant.
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