Archibald sort de son cours l'esprit préoccupé. Le manque de retombées sur l'affaire de vandalisme la semaine passée l'inquiète. Et c'est l'esprit ailleurs qu'il traverse les couloirs, sans vraiment se soucier de l'endroit où il va. Mécontent de ce qui lui arrive en ce moment, d'ailleurs, le sorcier ne peut cependant pas en parler aux autres, surtout quand le problème est aussi minime, par rapport à ceux de Draco.
Il finit par échouer dans une cage d'escalier qu'il n'utilise que rarement, et dans laquelle il tourne deux fois avant de décider de s'asseoir.
Il ouvre son cahier, pour en sortir la fleur séchée qu'il y avait glissée. Peut-être devrait-il l'enfermer dans une bulle de verre pour la protéger du temps, elle aussi. Ce ne serait jamais que l'une des trop nombreuses fleurs qu'il garde en souvenir des lettres qui les accompagnent toujours.
Le sorcier fait tourner la camomille dans sa main, avant de la porter sous son nez, et de la respirer, pensant amèrement que s'il la mettait réellement sous verre, il ne pourrait plus profiter de son odeur. Avec peine, il tente de se souvenir de la dernière fois où ils ont pu se voir, sans penser une seconde au temps qu'il passe à estimer ce temps, avant de se rendre compte douloureusement qu'il ne s'en rappelle définitivement plus.
A cours d'options, il tente alors de se souvenir de son visage douceur, de la couleur de sa voix, de la forme de ses cheveux, de l'étendue de ses sourires. Sa mémoire s'arrête toutefois bien vite. Il n'est plus capable de penser à son expression, à ses derniers mots prononcés, chaque pétale de ses pensées parait s'envoler à travers la fenêtre qui est à sa droite, et la seule chose qu'il peut faire, c'est de les regarder faire.
- Archibald ?
Il se retourne, sortant son sourire le plus radieux, glissant la fleur entre les pages de son cahier vert, et s'adresse à l'étudiante avec malice :
- C'est bien moi.
- Tu m'avais l'air songeur, dit-elle en s'asseyant près de lui.
Thea Oliver est l'une de ces charmantes jeunes filles avec lesquelles il converse habituellement des heures, parlant surtout de ses notes catastrophiques à lui, tout en riant que leur sourire est le moindre mal de leurs cours assommants sur l'Histoire du Monde Magique. Peut-être que c'est parce qu'elle est la plus calme et la plus douce que sa présence ne le dérange pas particulièrement.
- Comment tu vas, en ce moment ? demande-t-elle. Tu as souvent l'air ailleurs.
- Oh, tu sais....
Il pourrait lui parler de ce qui est arrivé à Draco. Ou de ses disputes avec Theodore. Ou de ce visage qu'il oublie indubitablement. Sauf qu'aucun de ses sujets ne pourrait l'intéresser. Comme toutes les autres, Thea ne comprend pas pourquoi il est ami avec eux. Ni pourquoi il s'évertue à passer du temps avec eux. Et c'est avec un engouement aux allures innées qu'il répond :
- Mais à quoi pourrais-je penser d'autre qu'au sourire d'une jolie fille ?
Elle rit doucement, secouant la tête.
- Tu devrais te concentrer sur tes études, au lieu de courir les filles.
- Je devrais... répond-il mélancolique. Mais en ai-je seulement envie ? réplique-t-il espiègle. Nous passons fatalement notre temps à étudier, et viser un métier, alors que nous sommes trop jeunes pour être adultes, et nous ne pouvons pas rester les enfants que nous sommes parce que les adultes ont besoin de nous. C'est triste, sourit-il.
Elle secoue la tête.
- Ce n'est pas vraiment triste. C'est le destin. Toute chose est vouée à mourir à la fin de sa vie, tu sais ?
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Un temps pour apprendre
FanfictionLivre Ier Draco passe invisiblement ou presque dans la faculté de magie Corners, avec pour objectif de passer une licence en Littérature, pour faciliter l'écriture d'un premier projet d'après guerre. Son plus gros soucis est d'arriver à l'heure sans...
