Ce chapitre marque a fin de la partie II. Les 4 prochains chapitre seront dans une ou deux semaines avec le retour de Enzo Brown comme personnage principal.
Lundi 6 octobre, 18h39. Bateau numéro 1 des sirènes. Point de vue de Marion Van de Kampf.
Désolée pour ce chapitre un peu court mais il est cool :)))
Après ma conversation avec Agnès, je n'avais pas eu vraiment le temps de réfléchir. Nous devions immédiatement rejoindre la reine Bétyla Rose sur le pont.
J'étais fascinée par ces créatures. Leur intelligence, leur grâce, leur pouvoir... Ma curiosité et mon savoir étaient grandement stimulés par elles. Je voulais percer leur secret, quitte à devenir l'une d'elles. Je n'avais pas peur.
Ma décision était précipitée, mais je ressentais ce désir de vengeance en moi. Enzo m'avait menti, il m'avait caché une vérité si incroyable. Il était devenu milliardaire grâce à ces femmes. J'aurais dû me douter de quelque chose. Un homme disparaît un mois et revient milliardaire ? C'était trop étrange.
Il y avait quelqu'un d'autre qui m'intéressait. La reine Bétyla Rose. Son regard, son aura envoûtante, la manière dont elle me parlait... Elle me faisait ressentir quelque chose, même si je ne saurais dire quoi.
J'observais la reine Betyla Rose sur le pont. Elle était dans sa robe noire dont le bas suivait le sens du vent. Ses épaules étaient dévoilées. Ses frisettes tombaient gracieusement sur sa nuque. Elle était magnifique, vraiment.
Agnès était derrière moi. Je l'attendais pendant qu'elle donnait des indications au Docteur Estelle, de son équipe de scientifiques. Pendant ce temps, je regardais la reine.
En face d'elle, il y avait la sirène avec les cheveux roses. C'était sûrement Ambre, celle dont Agnès m'avait parlé, l'héritière du trône. Elle regardait la reine en souriant. Les deux ne se disaient rien.
Betyla Rose mît ses mains sur le visage d'Ambre, avant de s'approcher lentement d'elle. Ambre détourna le regard, gênée.
-Sa majesté, je... je ne peux pas, j'ai trop de respect pour vous. Je ne peux pas me le permettre.
Betyla Rose arbora une expression triste, puis ne dit rien. Elle tourna son visage vers la gauche.
Son regard croisa le mien. Alors, je n'arrivais pas à décrire la nouvelle expression de son visage. Elle me fit signe de venir.
-Marion Van de Kampf, dit-elle.
J'approchais lentement d'elle, suivit par Agnès.
-Agnes, le bracelet, dit la reine Betyla Rose calmement.
Agnes sorti un étrange bracelet noir de sa poche. Au centre, il y avait un diamant incrusté de couleur verte.
Betyla Rose me dit calmement:
-Je vais te poser deux questions. Tu y répondras de manière honnête.
Elle me prit la main, avant de me faire un sourire. Je regardais ses lèvres rouges. Ce bracelet était-il un moyen de mesurer l'honnêteté de la personne qui le portait ? Intéressant.
-Est-tu prête à devenir l'une des nôtres ? Demanda-elle gentiment.
-Je le suis, dis-je.
Agnès, à ma droite, fixait le bracelet. Il ne changea pas d'aspect.
-Très bien, dit Betyla Rose. Comptes tu me trahir ? Demanda-t-elle.
Ses yeux étaient rivés sur le bracelet. Agnès et Ambre me fixaient. Que se passait-il ?
-Non, ma reine, dis-je lentement.
Elle leva son regard vers moi, surprise que je l'appelle de cette manière. Elle me fit un sourire.
-C'est bon, dit Agnès. Elle dit la vérité.
Comme je le pensais, ce bracelet indiquait le fait que je dise la vérité. J'étais une personne honnête. Oui, je disais la vérité.
Agnès me retira le bracelet. Betyla Rose lui ordonna à elle et à Ambre de nous laisser seules. Pourquoi ?
Sans répondre, Ambre et Agnès s'éloignèrent. J'étais seule avec la reine. Pourquoi avait-elle demandé cela?
Pendant un instant, elle ne dit rien, regardant la mer. A quoi pensait-elle ? Pourquoi était-elle si mystérieuse ?
Elle tourna son visage vers moi.
-Tu es attirée par moi, n'est ce pas ?
Je fus prise de court par cette question venue de nulle part. Qu'est-ce que j'étais sensée répondre ? Je ne dis rien, surprise.
Elle se mit à rire doucement.
Les sirènes étaient tellement douces avec moi, je ne comprenais pas pourquoi Enzo en avait gardé un aussi mauvais souvenir. Elles avaient tué des femmes scientifiques pour agrandir leur colonie, c'était horrible mais compréhensif. Elles étaient pleines de douceur et de gentillesse.
Elle me regarda dans les yeux, puis me dit, avouant :
-Tu m'intéresses énormément. Quelque chose en toi est spécial, Marion. Et tu es honnête.
Il y avait quelque chose d'étrange entre la reine et moi. Nous avions une connexion, un petit quelque chose que je n'arrivais pas à décrire.
Elle m'observa pendant un instant avec de tourner son visage vers la droite, comme si elle s'était désintéressée de moi.
-Très bien, dit-elle. Je suppose que c'est à moi d'honorer ma part du marché.
Elle se mit dos à moi.
-Je vais t'apprendre tout ce que tu as besoin de savoir pour devenir la prochaine sénatrice d'Angleterre.
Elle marcha lentement sur le pont.
-Suis-moi, dit-elle calmement.
Je la suivais sur le pont, puis dans les couloirs du bateau. Nous arrivâmes dans le même hall rouge que tout à l'heure, et nous entrâmes dans le couloir gardé par deux sirènes. Elle s'arrêta devant une porte au bout du couloir, qu'elle ouvrit de ses deux mains.
C'était une grande chambre avec un lit en forme de coquillage au milieu. A droite, comme dans la salle du trône, il y avait un bassin rempli de nénuphars.
Elle s'assit sur son lit, puis me regarda sans rien dire.
Nous n'étions que toutes les deux, et elle était silencieuse. Je sentais son regard sur moi. Alors, j'ignore pourquoi, je décidais de m'approcher d'elle, puis de m'asseoir près d'elle sur son lit.
Elle semblait plus accessible. Il n'y avait pas ses gardes pour la protéger. Rien ne la séparait de moi.
Je regardais son visage, ses yeux noirs, ses lèvres rouges. Elle se mit à caresser mes cheveux blonds, toujours sans rien dire.
Pourquoi ressentais-je cela pour la reine ? Pourquoi me sentais-je aussi attirée ?
Elle approcha son visage du mien, jusqu'à quelques centimètres.
-Pas tant que tu seras humaine.
Elle s'éloigna alors rapidement de moi, comme si tout était normal.
Je ne savais pas quoi penser. J'étais à deux doigts d'embrasser la reine Betyla Rose. Je devais me l'avouer. C'était purement physique. Il y avait quelque chose d'envoûtant autour d'elle. Après tout, c'était une sirène. Mais de toutes les sirènes, c'était la seule qui dégageait ce petit quelque chose.
Je sentais qu'elle aussi était attirée par moi. Son langage corporel, ses sourires, ses regards, je le savais. Mais qu'en était-il de la sirène Ambre ? A quoi jouait la reine Betyla Rose ?
C'était une bonne chose qu'elle se soit éloignée. Je devais me ressaisir et ne pas faiblir.
-Sa majesté, qu'avez vous à me dire ?
Elle me regarda, souriant.
J'allais enfin savoir la vérité.
VOUS LISEZ
Le cri de la mer
FantasíaNous somme en 2100. La pollution est à son maximum, les aléas climatiques transforment la terre en enfer. Un jour, l'océan devient impraticable, impossible de prendre la mer ; les bateaux qui partent ne reviennent jamais. Un groupe de jeunes pirate...
