Le bouche-à-oreille se rependait aussi vite qu'une traînée de poudre. Chaque messe basse avait sur les lèvres la surprenante rumeur qui agitait Storybrooke depuis maintenant plusieurs jours. Emma l'apprît un matin au Granny's tandis que distraitement ses oreilles avaient écouté une conversation entre Catherine Nolan et une autre de ces clientes qui l'insupportait. Le genre de femme au foyer colporteuse qui n'avait nulle autre préoccupation que de profaner des commérages sur leur voisin rentré un peu trop tardivement dans la soirée ou d'une voisine éconduite. Ce jour là, il se disait que Regina Mills avait mis un terme à l'aventure qu'elle avait entretenu avec Graham Humbert. Catherine s'était empressée d'ajouter que Leopold avait dû découvrir la supercherie et menacer de relever le jeune homme de ses fonctions au plus grand désespoir de Madame King-Mills. « Mais non voyons, il a dû la menacer de divorce. Sans son argent, elle n'est plus rien. C'est évident ! » avait renchéri l'autre. Le sang d'Emma bouillait dans ses veines, non pas par la nouvelle mais par cette faculté qu'avait certain de diffamer la vie d'autrui. Elle se contrôlait pour ne pas s'en mêler, aller leur aboyer de balayer devant leur propre porte plutôt que devant celle des autres. Au lieu de quoi, elle lâcha un billet sur la table et quitta les lieux en claquant la porte du dîner.
La rumeur était cependant tout ce qu'il y avait de plus véridique. Regina n'était plus la même depuis un certain temps. Beaucoup de questions traversaient son esprit sans trouver de réelles réponses. Lors des précédentes séances avec Emma Swan, pas une seule fois son regard n'avait été las d'observer la blonde affairée. À chaque fois qu'un vêtement quittait son corps derrière le paravent, son ventre se tordait autant d'appréhension que d'une certaine excitation. Celle d'être regardée, étudiée mais toujours dans la peur et la volonté sordide qu'un geste n'en dépasse un autre. Lorsqu'elle s'endormait aux côtés de son époux, elle se voyait toujours devenir un peu plus folle encore que la veille. Elle se demandait ce que cela faisait que d'être touchée, embrassée, aimée par une autre femme et dès lors, sa vision des choses avait prit une tournure que jamais jusqu'alors elle n'avait eut. La tendresse réconfortante et masculine de Graham n'avait plus aucun intérêt comme soudainement écœurée, au même titre que lorsque Leopold posait la main sur elle. Pas un jour ne passait sans qu'elle ne se renseigne un peu plus au sujet de la sexualité féminine, des mœurs et des manifestations qui courraient dans les différents États d'Amérique. Elle s'était persuadée qu'avec le temps, Emma Swan ne lui avait pas tout dit sur elle, que derrière ses toiles se cachait un secret, une motivation, une douleur peut-être, plus approfondie que celle de vouloir sauver ses adelphes.
— Qu'est-ce qui vous pousse à peindre Mademoiselle Swan ? Je veux dire, réellement. La vraie raison.
Ce jour là, Emma, surprise, avait manqué de s'étouffer. La question du maire était tombée comme un cheveux sur la soupe, venue de nulle part. Aéroportée. Elle ne montra rien du trouble qui l'habitait et continua de travailler.
— Je vous l'ai déjà dit, Madame le maire. Avait-elle simplement répondu d'une voix neutre.
Puis tout à coup, Regina avait quitté sa position lascive pour se redresser, agaçant un peu plus la jeune peintre. Le pinceau dans sa main tremblait, elle s'y accrochait comme une étoile de mer à son rocher un jour de tempête.
— Regardez-moi.
La voix de Regina la fit frémir, tout son être se hérissa et elle n'eut nul autre choix que d'obéir. Ses billes vertes s'ancrèrent dans celles de la brune avec la volonté profonde de ne pas flancher. Elle sentait les sanglots s'accumuler et pourtant elle ne laissa rien échapper. Elle se mordait la lèvre inférieure, qu'elle était la finalité de cette question ? Simple curiosité ? Ou curiosité malsaine ?
— C'était il y a longtemps Regina. Laissez le passé là où il se trouve, je vous prie. S'il vous plaît, remettez vous en position que je puisse terminer votre toile.
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La Couleur des sentiments
Fanfiction« Elle avait la douceur des couleurs chaudes et le caractère des nuances froides. Une part de lumière sommeillait en elle, d'un simple regard elle pouvait rallumer les étoiles. Les ténèbres qu'elle inspirait n'étaient qu'un bouclier que mes pinceau...
