La voiture de patrouille demeurait toujours garée sur le côté de l'entrepôt. Peu à peu la lumière du jour s'était tamisée pour ne plus la plonger que dans l'ombre. Bien deux heures déjà qu'il était là, à observer le bâtiment sans un seul signe de vie de la part de ses occupantes. Dans sa tête, les pires scénarios obscènes se jouaient. Si Monsieur King avait vu juste, alors Regina ne serait rien de plus qu'une traînée parmi les autres, et « gouine » par dessus le marché. Un scoop qui la ferait baisser dans les sondages, il en était persuadé. Cette pensée l'écœurait, comment avait-elle pu se jouer de lui, était-ce pour cette autre traînée qu'elle l'avait lâchement remplacé ? C'était comme si soudainement tout s'expliquait, prenait sens. Un sens auquel jamais il n'aurait pensé.
À l'intérieur de l'atelier, Emma et Regina se sentait comme protégées. Rien ne pourrait venir briser le cocon qu'elles s'étaient plues à construire. C'était leur endroit, leur antre dans laquelle elles se plaisaient à se retrouver. L'atelier était devenu le théâtre de leur amour naissant, n'ayant pour nuls autres spectateurs que les toiles abandonnées ici et là. Le foyer continuait de diffuser sa chaleur, crépitant et engloutissant par instant la bûche qu'il était en train de consumer.
Elles étaient tendrement enlacées, nues au milieu des draps défaits, se remettant de leurs émotions passées. La révélation du maire de la ville avait été bouleversante, si bien qu'Emma n'avait plus su quoi faire, quoi penser. Elles s'étaient simplement laissées aller à l'amour qu'elles partageaient, laissant leur corps se rencontrer, s'entrechoquer, s'exprimer. Les baisers avaient parlé pour elle, Emma n'avait pas trouvé de meilleures alternatives pour lui monter ô combien elle aimait Regina, que ce que la brune ressentait était réciproque. Tandis que Regina passait sa main sur le corps encore frémissant d'Emma sillonnant entre sa poitrine et son ventre, Emma se repassait les mots prononcés avec urgence par le maire.
— Ce que je ressens pour toi, dépasse l'entendement. Dit-elle finalement.
Les billes brunes de Regina vinrent s'accrocher aux émeraudes d'Emma, brillantes d'une intensité nouvelle. Un sourire naquit entre ses lèvres dont le rouge à lèvre s'était peu à peu effacé. Elle vint embrasser celles d'Emma délicatement, chastement.
— Que voulais-tu me dire, en arrivant ? Demanda Regina alors que ses lèvres glissaient dans le cou d'Emma.
Emma ferma les yeux un instant, profitant de cette proximité pour s'en délecter. Les baisers qui parcouraient la peau de son cou refaisaient naître le désir au creux de ses reins. Elle aurait voulu lui dire d'arrêter mais en fut incapable. En revanche, la culpabilité la rongea. Comment avait-elle pu une seconde penser à quitter la ville et abandonner celle qu'elle aimait ? C'était inconcevable, même pour la protéger. En aucun cas elle ne voulait la laisser, plus maintenant, plus jamais.
— Rien. Souffla Emma emportée par les baisers prodigués sur sa peau avec agilité.
— Bien. Je dois m'en aller.
Regina stoppa net ses lèvres pour se redresser, après un dernier regard désolé pour Emma, elle alla se rhabiller, ramassant ses vêtements éparpillés ça et là dans l'atelier. Emma se redressa du lit pour attraper ses habits et en fit de même. Regina enfilait déjà son manteau, réajustant ses cheveux et se repassant un coup de rouge à lèvres sur sa bouche encore gonflée des baisers ardents qu'elles avaient échangé. Elle se dirigea à la porte métallique coulissante et la déverrouilla attendant impatiemment son dernier baiser pour la soirée. Emma s'approcha et la tira par le poignet contre elle.
— Pas sur le pas de la porte. Si Leopold est au courant comme tu me l'as dit, il t'a forcément fait surveiller. On ne sait jamais.
Regina aurait voulu lui répliquer qu'elle était certaine de ne pas s'être fait suivre mais à ce stade, en était-elle réellement certaine ? Elle ne doutait pas des capacités de son mari. Derrière l'homme gentil se cachait un homme jaloux prêt à tout. Elle se contenta de hocher de la tête.
VOUS LISEZ
La Couleur des sentiments
Fanfiction« Elle avait la douceur des couleurs chaudes et le caractère des nuances froides. Une part de lumière sommeillait en elle, d'un simple regard elle pouvait rallumer les étoiles. Les ténèbres qu'elle inspirait n'étaient qu'un bouclier que mes pinceau...
