vingt-deux

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chapitre vingt-deux

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chapitre vingt-deux

Mars 2022, Paris.

15h34

   Une semaine était passée depuis la dernière fois que Bérénice et Aymen s'étaient vus, parlés et touchés. Il continuait à prendre du recule sur tout. Mais ce n'était pas réellement à propos du père de la blonde qu'il avait besoin de temps, et ça elle ne le savait pas.

   Aymen avait retrouvé la force d'aller sur la tombe de sa femme. Il n'était pas revenu ici depuis un bon moment, c'était trop dur.

   Il en ressentait le besoin, c'était différent. Sur la plaque en marbre, il lisait l'inscription gravé et se mit à sourire : « Meriem Asalas ». Qu'est-ce qu'il aimait l'appeler avec son nom à lui... Qu'est-ce qu'il l'aimait tout court finalement.

   Aymen resta un long moment, debout sans savoir quoi faire face à cette tombe où reposait la femme de sa vie. L'amour de sa vie n'était plus à ses côtés... Elle ne le serait plus jamais.

— J'ai rencontré quelqu'un. Souffla-t-il d'abord avant de laisser place à un silence. Aymen rigola nerveusement. Putain j't'avais promis d'jamais parler à ta tombe comme ça, mais j'ai besoin de parler alors j'brise notre promesse. Je suis désolé Meriem. J'ai rencontré quelqu'un. Bérénice... Vous avez rien à voir toutes les deux, mais je me sens bien avec elle. J'ai honte de moi, merde... J'ai honte de te faire ça. Je pensais que je ne pourrais jamais ressentir un truc pour une autre femme. Mais je sais pas, Bérénice c'est différent. Je ressentirai jamais ce que j'ai ressenti pour toi. Mais y'a quand même un truc, je peux pas mentir. Quand je suis avec elle, je me sens bien, apaisé. J'ai l'impression que y'a quelque chose de bien à vivre avec elle. Mais je me sens tellement mal pour toi.

   C'était ça le vrai problème d'Aymen, ce n'était pas le père de Bérénice, mais bien le fait qu'il avait peur de remplacer sa femme. Elle ne reviendrait pas. Mais tout de même, il ressentait de la culpabilité comme s'il allait la tromper. Meriem ne lui en voudrait jamais de refaire sa vie, elle lui avait toujours dit, mais pour lui, cela était inconcevable.

   Il ne savait plus quoi faire, il se surprit même à pleurer en pensant à ce qu'il faisait subir à Bérénice. Elle était là, rien que pour lui et il trouvait encore le moyen de l'éloigner de lui. Il se doutait qu'elle vivait mal ce moment, mais il ne savait pas comment il devrait faire pour arranger cela. Il ne savait pas s'il était prêt à avancer avec Bérénice. Il était partagé entre vouloir qu'elle soit heureuse et vouloir qu'elle soit heureuse avec lui.

   Il pourrait lui dire de tout arrêter entre eux, qu'elle trouverait mieux, un vrai homme présent que pour elle, qui ne penserait qu'à elle, qui dirait son prénom à elle dans leurs moments les plus intimes. Mais il n'avait pas envie de la perdre. Alors il adoptait ce comportement égoïste...

   Une fois en dehors du cimetière, il rejoignit sa voiture pour aller voir ses amis qui l'attendaient au restaurant. Pendant tout le trajet, il repensa à sa femme, puis à Bérénice. Ce qu'il ressentait pour chacune d'elle était proprement différent, et en même temps si semblable.

CELLE D'APRÈSOù les histoires vivent. Découvrez maintenant