— Comment étais-je ? interrogea David en retrouvant sa bonne humeur en un claquement de doigts.— Excellent.
Le but de cette mise en scène était de faire comprendre de façon explicite à cette jeune femme que cette affaire n'était plus de son ressort, mais de la leur. David était le seul à toucher les gens dès la première rencontre grâce à son franc-parler et à sa sollicitude. Dès lors, lorsqu'il s'impose et expose ses ressentis, que ce soit de manière voulue ou non, le résultat qui en résulte peut se montrer d'une violence inouïe. Comme un fouet arrachant chaque morceau de peau de votre corps, le réduisant en lambeau.
— Plus jamais tu me demandes de faire une chose pareille est-ce bien clair ? C'est très pénible, annonça David en s'asseyant lourdement sur une des chaises de la cuisine.
— Je ne peux rien te promettre, mon cher, je ne suis pas devin, déclara Karl, amusé par cette phrase à laquelle il avait le droit à chaque fois que cette situation arrivait.
— Ne me regarde pas comme ça !
— Calme-toi, David, l'apaisa l'homme, un sourire narquois aux lèvres face à ce bonhomme qui gesticulait avec énergie.
Malgré le fait que la demande sonne plutôt comme une demande que comme un ordre, David s'immobilisa et darda son regard dans celui impartial de Karl.
— Revenons aux éléments sérieux, ordonna son ami en croisant les jambes pour se mettre à l'aise. Je te trouve changé depuis quelques temps. Je pensais que c'était de passage, mais je remarque que tu es différent.
— Je n'ai pas modifié ma manière d'être, tu te trompes, nia le tueur à gage en récupérant son arme sur la table et s'occupa de la nettoyer.
— C'est ce que tu penses, mais depuis l'arrivée de cette jeune femme, ton comportement a évolué. Tu t'emportes moins et ton humeur est beaucoup moins noire. Il faut me croire, ajouta David.
D'un geste brusque, Karl posa l'objet qu'il tenait en main et se tourna vers son interlocuteur. Il ne voulait pas l'admettre, mais son compagnon avait raison. Mais jamais, il n'avouerait une telle chose à voix haute. Les émotions qui le traversaient lorsque Isabelle était présente le dépassait. Il ne savait comment réagir à cette sensation qui envahissait sa poitrine pour aller se ficher dans ses reins. Ce même désir qu'il tentait de retenir, mais qui refaisait surface le tourmentant jour et nuit. Pourtant, il n'avait fait sa connaissance qu'il y a très peu de temps.
— Tu fais erreur et puis cela ne te regarde pas, il me semble.
David ne parut guère surprit de cette réponse, après tout, il connaissait Karl depuis bientôt six ans donc ce dernier pouvait se montrer aussi enfermé qu'il le souhaitait, David parvenant la plupart du temps à deviner ce qui se tramait derrière cet esprit calculateur. Isabelle était certes une belle femme, cependant, David connaissait les risques d'une telle relation. Celle-ci finirait par se retourner contre lui. Elle l'accuserait de l'avoir trompée avec ses talents de manipulations pour pouvoir arriver à ses fins. Il gardait d'ailleurs un souvenir amer de sa dernière petite amie avec laquelle il était allé jusqu'aux fiançailles. Elle avait décrété être trompée avant de prendre la fuite sans donner plus d'explications.
Mais Karl avait raison sur un point, cette histoire ne le regardait pas. De plus, d'après ce qu'il avait vu, la jeune Isabelle ne semblait pas si intéressée.
Peut-être une chance pour Karl, songea-t-il avec des remords.
Karl avait le droit au bonheur, il le pensait sincèrement contrairement à ce que lui pensait. Selon lui, il était un monstre qui ne méritait pas d'aimer ni d'être aimé.
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Un Soleil brisé
ActionCe jour-là, on n'entendit guère grand-chose, les cœurs s'étaient éteints dans leurs poitrines qui se soulevaient quelques instants auparavant. Depuis ce jour, la haine occupait son cœur. Vengeance, quand tes sombres griffes s'emparent de notre corps...