Chapitre 8

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HUGO

Le temps est comme suspendu quand Eliot glisse sa main dans la mienne. Je n'ose dire un mot, de peur de briser cette magie qui s'est installée entre nous.

Au bout d'un instant, Eliot me pose une question qui me chamboule. Je retire maladroitement ma main de la sienne, mais je le regrette à l'instant où je ne ressens plus la chaleur de sa peau.

Il m'a demandé s'il pouvait m'embrasser. Il a envie de m'embrasser, moi. Intérieurement, je bouillonne. Je laisse une de mes mains se poser délicatement sur sa joue pour lui donner une infime caresse. Ce contact sur sa peau retrouvée me procure une vague de frissons dans tout le corps. J'ai tellement besoin de plus, j'ai tellement besoin de lui. Je ne veux plus réfléchir, je ne veux plus penser, je veux seulement l'embrasser.

Il me regarde avec une infinie tendresse, un léger sourire sur les lèvres, reposant son visage contre ma main. Je me rapproche doucement de lui, réduisant les centimètres nous séparant, et enfin, au bout d'un moment qui me paraît interminable, j'embrasse ce garçon qui embrase mon cœur. Ce baiser me fait perdre pied. Il n'y a plus que lui qui compte à cet instant. Nous restons comme ça de longues minutes, savourant ce baiser, mon tout premier baiser.

Il y a peu, tu étais un inconnu, tu es devenu mon sauveur, puis mon ami, et maintenant tu es celui qui fait battre mon cœur.

Quelques instants plus tard, nous entendons la porte d'entrée s'ouvrir, nous cessons de nous embrasser. Maman vient de rentrer des courses. Je me lève brusquement, puis après avoir lancé un sourire à Eliot, je passe la porte de la chambre.
Je me sens tout bizarre, comme si je venais de me réveiller d'un merveilleux rêve, même si je sais que celui-ci est bien réel. Je croise le regard de ma mère portant des sacs.

— Coucou mon chéri, est-ce que tu vas bien ?

— Oui, oui, tout va bien maman, Eliot est venu prendre son petit-déjeuner avec moi.

Maman me sourit, elle est contente que je puisse enfin voir du monde et me sociabiliser.

— Tu es tout rouge, tu n'as pas de fièvre au moins ? me demande-t-elle.

Je souris intérieurement, pensant encore aux lèvres de mon voisin.

— Non, tout va bien, ne t'inquiète pas, c'est juste qu'il fait très chaud dans ma chambre, il faudrait peut-être baisser un petit peu le chauffage.

— Au fait Hugo, tu as mis la pommade que je t'ai achetée sur tes ecchymoses ? Parce que là, ils ont carrément viré au noir, ça en devient effrayant.

Je les avais presque oubliées, ceux-là. Et depuis mon agression, j'évite de me regarder dans le miroir. Je crois que je me suis habitué à la douleur, ça devient bien plus supportable qu'il y a quelques jours.

— Je vais m'en occuper, ne t'inquiète pas.

Je m'arrête à l'entrée de ma chambre.

— Maman, tu vas ressortir ? je lui demande.

— Allan, notre voisin, m'a invité à manger ce midi, donc je pense que je vais passer une partie de la journée avec lui, si ça ne te gêne pas de rester seul.

— Je ne suis pas seul, je lui lance, un gros sourire sur les lèvres.

Ma mère me rend mon sourire tout en continuant à ranger les quelques fruits et légumes qu'elle a achetés.

Je rentre dans la chambre puis je ferme la porte derrière moi. Eliot est là, debout, à me dévisager, et avant même que je dise un mot, il m'attrape entre ses bras et m'embrasse tendrement.

Solitaire (BxB) TerminéeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant