Chapitre 26

366 20 5
                                        

HUGO

—Tu es prêt ? me demande-t-il, comme pour se rassurer. Comme si mes mots avaient encore une quelconque importance. Puis, sans même attendre une réponse de ma part, il pose déjà ses mains sur ma peau. Je ne suis plus qu'une poupée de chiffon entre ses mains.

Une fois de plus, je ferme les paupières, comme pour ne pas assister au spectacle se déroulant devant moi, un spectacle où je suis le principal acteur. Je ne ressens plus aucune sensation, plus aucune douleur. Peut-être que je commence à m'habituer à tout ça. Comme on dit, on s'habitue à tout, même aux pires horreurs.

Lorsque je rouvre les yeux, le paysage a changé. Toutes les couleurs ont fait place au gris, jusqu'à disparaître totalement.
Je me retrouve seul dans cet espace monochrome. Il n'y a plus que moi et le néant. C'est donc comme ça que je vais finir ma vie, seul dans le noir.

—Hugo ! Hugo !

La voix de mon petit ami résonne dans ma tête. J'ai peur d'ouvrir les yeux et d'apercevoir que je suis toujours dans cet appartement, l'appartement de mes cauchemars. J'inspire bruyamment, perdu entre rêve et réalité.

—Hugo mon cœur, je suis là. Tout va bien.

Ses bras viennent m'enlacer fermement. Est-ce réellement Eliot qui se trouve là, tout contre moi ?

Lorsque je vais ouvrir les paupières, ne va-t-il pas disparaître, comme toutes les fois où je l'ai rêvé ?

J'apprécie ce contact, l'espace d'un instant, je me sens à nouveau en sécurité. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, mon répit est de courte durée. Les images défilent dans ma tête, ce que je voudrais pouvoir oublier ne cesse d'importuner mes pensées.

J'ouvre les yeux pour les chasser de mon esprit. Mon petit ami est là, devant moi, l'air inquiet.

—Est-ce que ça va aller, mon ange ? Tu as fait un cauchemar ?

J'acquiesce tristement, sans un mot.

—Ne t'inquiète pas, tout est terminé, je ne te quitte plus.

Même si c'est une promesse qu'il ne peut pas tenir, sachant que dès demain il faudra qu'il retourne en cours. Sur le moment, pour moi, c'est un énorme soulagement. Je suis de nouveau avec l'homme que j'aime. Mais est-ce que c'est suffisant ?

—Est-ce que tu veux manger quelque chose ? me demande Eliot.

—Non merci... juste un verre d'eau, s'il te plaît.

Je regarde mon petit copain se lever et avancer en direction de la cuisine. Il revient quelques secondes plus tard avec ce que je lui ai demandé.

—Est-ce que tu veux qu'on en parle ? me lance-t-il avant même que mes doigts ne frôlent le verre.

Je baisse mes yeux en direction du sol, regardant nos vêtements éparpillés de la veille. Je pense qu'on a vraiment besoin d'avoir cette conversation. Mais, je ne sais pas... En parler rendrait tout ça tellement réel.

Éliot vient s'installer à côté de moi, mais reste silencieux. Je tourne mon visage dans sa direction.

—El... Je ne peux pas... Je n'ai pas la force...

Mon petit ami me prend dans ses bras, me serrant tout contre lui.

—Je suis là, mon cœur. Prends le temps qu'il faut, me dit-il tendrement.

En plus des larmes qui commencent à couler, je me sens d'un coup terriblement nauséeux. Je me retire brusquement des bras de mon petit ami.

—Hugo ?!

Solitaire (BxB) TerminéeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant