chapitre 21

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EVAN

Je m'appelle Evan, j'ai 18 ans et, d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours vécu avec ma grand-mère.

Elle a toujours été la personne la plus bienveillante et aimante envers moi, comblant le manque affectif que je ne recevais pas de mes parents. Je n'ai malheureusement pas eu des parents très présents : ils passaient la majeure partie de leur temps à travailler à l'autre bout du pays, ce qui fait que je ne les voyais que de temps en temps, le week-end.

Lorsque j'ai eu 14 ans, je suis tombé amoureux d'un garçon de ma classe. Je ne définissais pas encore tout à fait ma sexualité, mais je ressentais quelque chose pour lui. Je n'ai pas dû être très discret concernant mon attirance, parce qu'avant la fin de l'année, j'étais devenu « le gay de l'école ».

Mes parents ont bien évidemment eu vent des rumeurs, et à partir de ce moment-là, la situation a empiré. Sans aucune forme d'explication, ils ont cessé de venir me voir, trouvant des excuses pour ne plus venir sur Lille.
À Noël, ils faisaient seulement acte de présence, mais restaient extrêmement froids.

Pour mes 16 ans, je me suis disputé avec eux. Je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais pas les voir comme je le souhaitais. C'est à ce moment-là que j'ai appris qu'ils n'avaient en aucun cas l'envie d'avoir un fils anormal.
Pour eux, je n'étais que déception et regret.

Entendre ces mots sortir de leurs bouches m'a complètement brisé. Je me suis toujours démené pour être un bon fils : je ramenais de bonnes notes de l'école, j'ai toujours été poli et gentil envers les autres, mais pour eux, ça ne suffisait pas.
Finalement, je me suis rendu compte que ma seule faute était d'éprouver de l'attirance pour les garçons, et que quoi que je fasse, je ne pourrais rien y changer.

Je me rappelle, après ça, m'être allongé sur mon lit pour pleurer toutes les larmes de mon corps, écoutant une dernière fois claquer la porte d'entrée, suite au départ de mes parents, un départ qui sera définitif. Mon tout dernier souvenir de ce que j'appelle aujourd'hui « mes géniteurs ».

Suite à cet événement, ma grand-mère est devenue ma tutrice légale.

En y réfléchissant, je ne pense pas avoir eu une enfance malheureuse. Je n'ai jamais manqué de quoi que ce soit, sauf peut-être d'un peu d'amour. Ma grand-mère a fait son possible ces deux dernières années pour me faire oublier l'absence de mes parents.

Quitter ma mamie pour ma chambre étudiante a été un petit déchirement. Même si son appartement n'est pas très loin de la résidence universitaire, le fait de quitter l'endroit où j'ai vécu presque toute ma vie a quand même été un crève-cœur.
Mais il était temps que j'avance et que j'aie mon propre chez-moi. Même s'il fait seulement quelques mètres carrés.

Le jour de la pré-rentrée est arrivé assez vite, et après un début de journée assez soporifique, mes yeux se sont posés, lors de la pause repas, sur ce beau brun aux yeux verts, qui, l'espace d'un instant, m'a fait ressentir à nouveau ce que j'avais ressenti quand j'avais 14 ans pour ce garçon qui avait tant fait chavirer mon cœur.

J'ai été totalement captivé par lui. Il était installé à une table de la cafétéria, face à un garçon d'à peu près mon âge, avec les cheveux roux.

Au bout de quelques secondes, sans m'en rendre compte, je me suis retrouvé assis à côté de lui, à essayer d'en savoir plus sur ce beau garçon que j'avais besoin de connaître, tant il m'attirait. C'est comme ça que j'ai fait la connaissance d'Eliot et d'Hugo.

Alors même que je pensais me retrouver seul pour cette journée, j'ai pu passer tout mon temps en leur compagnie.
Ils ont vraiment été très sympas avec moi. Jusqu'à la dernière minute, j'ai voulu leur demander leurs numéros de portable, enfin surtout celui d'Hugo, mais je n'ai jamais osé.
J'ai quand même appris que le beau brun avait une chambre dans la même résidence étudiante que moi.

Solitaire (BxB) TerminéeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant