Je n'en peux plus. J'ai l'impression que mes yeux vont rentrer dans ma boîte crânienne pour faire une pause. Ils ont navigué sur des milliers de mots, s'étalant sur des pages et des pages. Je suis crevé. J'ai corrigé tout le roman de M. Han, j'ai préparé différents types d'éditions et leurs présentations. Nous devons tout détailler puisque cet auteur est un bon ami de l'ancien boss. Il doit être traité avec beaucoup d'égard.
Je n'ai pas encore eu le temps de contacter Yoon. Je ne sais pas si c'est vraiment une bonne idée qu'ils se rencontrent. M. Kang est le patron, je n'ai donc pas le choix que d'obéir. Seulement, je connais mon ami. Il m'a déjà fait comprendre qu'il n'appréciait pas vraiment ce nouveau CEO.
Alors que je me repose sur ma chaise de bureau, fermant un instant mes yeux endoloris, j'entends le son d'une tasse se poser sur la table. J'ouvre un œil et croise le visage de ma collège, Yuna. Elle me sourit en rougissant légèrement. Je la remercie et bois un peu de la boisson chaude qu'elle m'a préparée. Elle s'appuie contre le bureau et me dit, empathique :
- M. Kang te fait travailler vachement dur...
- Ce n'est rien, c'est mon travail après tout... répondis-je, haussant les épaules.
- Hmmm...
La jeune femme n'ajoute rien mais reste près de moi. Une espèce de gêne s'empare de moi. Je sens bien qu'elle veut me dire quelque chose. Yuna est arrivée l'année dernière. C'est quelqu'un de très doux et gentil. Elle est toujours souriante et est à l'écoute de tout le monde ici. Beaucoup de mes collègues masculins lui ont proposée de sortir boire un verre, elle a refusé à chaque fois.
Je lui souris, embarrassé. Ses joues s'empourprent encore plus et soudainement, elle me demande, d'une voix forte :
- Est-ce que tu veux bien sortir avec moi, ce soir ?
Mes yeux s'agrandissent et mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Je fais la girouette, regardant dans tous les coins pour être sûr que personne n'ait entendu. Je me lève et prends son poignet doucement pour l'emmener ailleurs. Nous nous arrêtons dans la cage d'escaliers. Yuna est très rouge et ses yeux brillent. Je ne dois pas être méchant avec elle. Je sens qu'elle peut fondre en larmes à tout moment.
- Ecoute Yuna, je...
Avant que je puisse poursuivre ma phrase, la jeune femme saisit ma cravate et la tire vers elle. Mon corps est projeté vers l'avant. Je sens ses lèvres se poser sur les miennes. Je me fige sur place. Mais qu'est-ce qu'il lui prend ?! Je ne pensais pas qu'elle était aussi entreprenante. Je ne sais même pas comment réagir. Yuna me pousse vers l'arrière. Je me retrouve assis sur les marches. L'espace d'un instant, nos bouches se décollent, je m'empresse de m'écrier, décontenancé :
- Yu... Yuna, attends !
Elle reprend un baiser et s'assoit sur mes genoux. Dans le but de la repousser, je pose respectueusement mes mains sur ses bras et essaie de l'écarter. Ses mains manucurées s'affairent à déboutonner ma chemise. Mon cœur bat la chamade. Pris de panique, je mords la lèvre inférieure de Yuna. Cette dernière pousse un petit cri strident. Je l'écarte de moi et la maintiens fermement par les bras.
- Yuna ! Mais ça ne va pas ?!
- Qu... Quoi ? bégaye-t-elle, perdue.
- Mais pourquoi tu t'es jetée comme ça sur moi ?
L'irritation et la surprise sont perceptibles dans ma voix. Yuna semble confuse. Ses yeux brillent d'émotions et ses joues sont toutes rouges. Je peux sentir la chaleur de son corps contre le mien. J'ai l'impression qu'il y a un quiproquo.
- Je... Eh bien, tu m'as emmenée à l'écart d'un seul coup... Je croyais que tu...
Voyant mon expression crispée, Yuna se rend compte de la situation. Elle se lève de mes genoux et tremble légèrement. Elle plonge son visage dans ses mains et se met à sangloter. Je me lève et m'empresse de désamorcer la situation.
- Non, ne pleure pas ! Je suis désolé, c'est ma faute. Je n'ai pas été clair directement !
- Pardon, Seo-Jun... Je n'aurais pas dû me jeter comme ça sur toi.
Je soupire et réconforte la jeune femme comme je le peux. Elle finit par se calmer et s'excuse encore une fois. Elle est repartie, se sentant honteuse. Je suis resté dans le couloir, complètement déphasé. Je n'ai pas trop compris ce qu'il s'est passé. Je ne voyais pas Yuna comme ça. Enfin, nous nous sommes très mal compris. J'aurais peut-être dû la rembarrer directement tout à l'heure.
Tandis que je referme ma chemise, la porte menant à notre espace de travail s'ouvre. Je sursaute et lève les yeux. M. Kang se tient sur le pas de la porte, un café dans les mains. Il se stoppe en me voyant et écarquille légèrement les yeux. Confus, je me presse de remettre tous mes boutons et m'incline avant d'entrer dans la salle. Je frôle l'homme en passant la porte et évite son regard qui suit mes mouvements. Bordel, la honte. Il va croire que je suis une espèce de pervers qui se déshabille au boulot. Je ferai mieux de retourner bosser pour noyer le poisson.
Une heure s'écoule depuis l'incident. J'ai essayé de contacter Yoon pour le rendez-vous avec le patron, mais il n'a pas répondu. Je continue donc le travail pour M. Han et surveille la progression des auteurs dont je m'occupe. Je le rappellerai plus tard. Je suis en train d'envoyer un mail à une autrice lorsqu'une porte s'ouvre et qu'une voix grave s'exclame :
- Seo-Jun, dans mon bureau !
Tous les visages de mes collègues se dirigent vers moi. Une boule se forme immédiatement dans ma gorge. Je suppose que je vais me faire enguirlander pour tout à l'heure. Pour dire de calmer le jeu, je prends le classeur avec les information pour l'édition de M. Han. Qui ne tente rien n'a rien, comme on dit.
J'entre dans la pièce, assez nerveux. Une fois encore, l'homme me fait signe de fermer la porte. Je m'exécute et reviens vers son bureau. Instantanément, je tente de désamorcer les choses :
- Monsieur, je tiens à m'excuser pour tout à l'heure. Je...
- Détends-toi. Je ne vais pas t'engueuler pour si peu. Juste une chose, essaies la prochaine fois de faire ça dans un endroit où personne ne passe...
Je fronce les sourcils, ne comprenant pas vraiment où il veut en venir. Un sourire en coin et un éclair de malice passent sur son visage parfait. La température monte soudainement. Est-il en train d'insinuer que je... ? Oh bordel de merde. Appuyant sur ses propos, il ajoute :
- Lorsque l'envie vient, c'est difficile de la réprimer. Je comprends parfaitement. Il faut simplement être sûr qu'on ne se fera pas attraper, n'est-ce pas ?
Je ne sais même pas quoi répondre. Mon patron est en train de me dire qu'il pense que je me masturbais au boulot et que ça ne le gêne pas. Mais c'est quoi ce genre de PDG ? Retenez moi, je crois que je vais défaillir. On marche complètement sur la tête, là.
Je vais devoir me justifier devant un homme qui autorise, visiblement, ce genre de pratiques au boulot. C'est vraiment devenu n'importe quoi cette boîte...
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UNDER THE RED LIGHT
Fiction généraleSérieux, charismatique, influent, beau, sexy... Tous ces adjectifs décrivent l'allure de mon patron. Tout le monde dans la boîte le respecte et l'adule. Moi y compris. Sa beauté et son regard franc font palpiter mon cœur, et pas que. Je n'aurais ja...
